Billets d'Humeurs

Billet n°12

Billet n°12

15 août 2017 « Apprentissage branché » Même si nos enfants à haut potentiel sentent déjà les frémissements de la rentrée, ce sont encore les vacances, le farniente, le temps pour soi, alors on ne va pas déjà parler de l’école. Nos enfants HP ont envie d’être stimulés dans leur tête. Les jeux sportifs, les balades sont formidables mais il faut bien faire face aux après-midi pluvieuses et aux longues soirées,  trouver des activités ludiques et agréablement intelligentes. Plusieurs sites sur la toile existent pour donner à «  manger «  à nos gourmands. Pour les amoureux de l’histoire et je les sais nombreux, la chaîne Télécrayon est très intéressante. Exemple ici la course à l’espace : https://www.youtube.com/watch?v=I5I6MsbE2cE Il y a d’autres thèmes, crise de Suez, élections présidentielles …etc. La chaîne e-penser animée par  Bruce Benamran  est une mine pour les esprits scientifiques. Le ton est justement décalé pour diffuser de manière pertinente un contenu précis et très varié. Pour la physique …par exemple  sur l’ampère : https://www.youtube.com/watch?v=P8zXHQnuD6k Sur Aristote  https://www.youtube.com/watch?v=ka_6pfbpnPM Juste pour terminer, et pour décrypter l’actualité, la chaîne d’Hugo qui reprend des faits d’actualité récents et qu’il commente et explique. Exemple sur le transfert du joueur Neymar :  https://www.instagram.com/hugodecrypte/ L’intérêt de ces chaînes est multiple : diversité des sujets, le contenu passionnant et drôle, les formats sont plutôt courts et adaptés à des cerveaux qui ont envie que ça aille vite !! Bref, pour nos petites têtes blondes c’est une mine ! Et pour les parents curieux c’est idem ! Belles découvertes à tous !   Nathalie Chardon

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Billet n° 11

Billet n° 11

Connais-toi, toi-même ! La précocité est mal connue, encore ! Certes les choses avancent. Les enseignants et les parents cernent de mieux en mieux la réalité de la situation grâce à leurs lectures, grâce aux formations qu’ils suivent.  Mais qu’en est-il des jeunes eux –mêmes ? Que connaissent-ils de leur fonctionnement ? Animant des ateliers avec de jeunes à haut potentiel, j’ai eu hier une prise de conscience à tomber par terre. Invités à exprimer leurs émotions, leurs ressentis face à telle ou telle situation, les jeunes que j’avais avec moi se sont questionnés sur l’affirmation suivante : « Un prof dit que lorsqu’un élève est surdoué, il doit avoir de bonnes notes ». Plusieurs des enfants présents, collégiens et lycéens ont alors dit que cela les mettait en colère. Et je les comprends ! Rappel : un tiers des enfants à haut potentiel est en échec scolaire. Un tiers des enfants HP , ceux qui ont pourtant des atouts, des dons, une intelligence pleine de ressources, ne réussit pas à l’école. Et certains vont loin dans l’échec : phobie, somatisations …du lourd. Je m’attendais à ce que les sentiments exprimés par les jeunes soient colère, mécontentement… qu’ils expriment leur incompréhension devant les enseignants qui continuent de montrer qu’ils ne savent pas ce qu’ils devraient pourtant savoir … et puis, j’ai entendu exprimer le mot « honte ». J’ai d’abord cru que le jeune qui disait cela, avait honte pour le prof : « comment peut-il dire une telle bêtise ? J’ai comme honte pour lui ». Non, non. Le jeune voulait dire qu’il avait honte de lui-même et de ses résultats parce que lui, haut potentiel, n’a pas tout le temps de bonnes notes. Et un autre de rajouter qu’il ressentait la même chose … Autrement dit, lorsqu’ un enseignant exprime encore ce préjugé qu’on a tant de mal à faire disparaitre, à savoir que le haut potentiel devrait donner uniquement des premiers de la classe, l’enfant n’entend pas que c’est une absurdité. Il se remet en question lui-même en se sentant très mal, honteux lui de ne pas y arriver ! Alors peut-être que cet élève sait qu’il ne fait pas son maximum, peut être reconnait-il par cela qu’il ne se donne pas complètement à son travail…peut être. Les jeunes que j’avais avec moi en atelier ne sont pas dans ce cas : ils travaillent, font leur maximum mais n’y arrivent pas à la hauteur de leurs attentes. Alors quelle est la responsabilité des enseignants et des parents dans cette histoire ? IMMENSE … C’est à nous, parents, profs d’expliquer encore et encore aux jeunes HP eux-mêmes comment ils fonctionnent, pourquoi malgré leur formidable potentiel ils n’arrivent pas toujours à avoir de bons résultats. D’autant que quand les camarades de classes savant qu’un des leurs est HP, ils en remettent une couche ? « Comment cela se fait que tu as eu que 12 ? t’as même pas besoin d’apprendre toi…t’es un surdoué !! » Expliquer pourquoi c’est difficile d’être à haut potentiel et en même temps pourquoi c’est formidable ! Expliquer comment faire quand l’enfant rencontre une difficulté afin de la contourner et de laisser s’exprimer alors tout son potentiel. Donner des outils, partager des méthodes … aider à mieux connaître sa précocité. Connais-toi, toi-même … "N'est-il pas évident, cher Xénophon, dit Socrate, que les hommes ne sont jamais plus heureux que lorsqu'ils se connaissent eux-mêmes, ni plus malheureux que lorsqu'ils se trompent sur leur propre compte ?». En effet, ceux qui se connaissent sont instruits de ce qui leur convient et distinguent les choses dont ils sont capables ou non. Si un élève sait que sa précocité peut provoquer telle ou telle difficulté, au lieu de perdre son assurance, au lieu de se décourager, il pourra, si on l’accompagne à cela, reprendre le chemin de la confiance en soi et du plaisir d’apprendre.   Alors lâchez la honte chers élèves HP qui parfois n’arrivez pas à obtenir de bonnes notes ! Ok pour la remise en question si c’est pour analyser si telle ou telle chose peut être améliorée, mais pas de honte ! La précocité est parfois (souvent ?) « embarrassante » et c’est votre fonctionnement atypique qui vous entraîne parfois sur la pente des mauvais résultats. Ne laissez personne vous faire croire le contraire !

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Billet n° 10

Billet n° 10

De la suradaptation à la négation   Le jeune à haut potentiel qu’il ait validé ou non par un test son surdouement, doit apprendre à vivre avec quelque chose qui souvent l’encombre. Ses capacités hors norme ne facilitent pas sa vie à tous les coups : difficultés scolaires dans bien des cas, problèmes relationnels qui créent des tensions et/ou un isolement. Baudelaire a vu juste lorsqu’il évoque les ailes de géants de l’albatros qui l’empêchent de marcher… Etre trop dans tout crée bien des situations délicates. Beaucoup de hauts potentiels cherchent alors à s’adapter. Ils taisent leurs idées originales pour rentrer dans le moule ; Ils adoptent la tenue vestimentaire passe-partout pour ne pas se faire remarquer, ils abandonnent leurs goûts pour les activités atypiques afin d’être le plus parfaitement transparents.  Quel gâchis ! L’adaptation est certes une qualité, c’est ce qui permet de faire « avec » l’autre, de composer et d’être dans la logique de l’échange. Mais encore faut-il que celui-ci soit constructif. Trop souvent, d’adaptation le HP passe à suradaptation : cela demande un effort épuisant au jeune pendant toute sa journée  de faire « comme si ». Faire « comme s’il » n’avait pas de questions insolites à poser en classe (et cela suppose une analyse permanente de ce qui est insolite aux yeux des autres ou pas) ; faire comme si les sujets de conversation des camarades de la cour l’intéressaient, faire « comme tout le monde », faire surtout comme ceux qui sont « populaires et qui sont acceptés par le groupe. Cette suradaptation est épuisante car elle suppose une vigilance de tous les instants (sans être assuré qu’à un moment ou un autre, le naturel ne resurgisse au détour d’une remarque anodine) ; cela est fatiguant aussi sur un plan émotionnel car le jeune ne laisse pas voir qui il est vraiment. Il en souffre mais c’est l’effort à payer à ses yeux pour être accepté, donc parfois invité, pour avoir des amis… De la suradaptation à la négation, la limite est ténue. Certains croient (ou veulent croire) qu’en oubliant qui ils sont, ils seront plus heureux. Alors ils oublient leurs talents, ils gomment toutes spécificités physiques (jusqu’à même s’enlaidir), ils adoptent le comportement de la moyenne … ils ne sont plus hors norme, ils sont comme ceux qu’ils croisent et qu’ils pensent être dans la norme. Est-ce le secret du bonheur ? C’est tout du moins le chemin pris par certains pour réussir leur intégration au groupe. Le jeune HP, surtout s’il a souffert d’isolement dans son enfance, pense qu’il a trouvé une magnifique porte de sortie ! Des amis, des copains, la popularité ! Cela ne dure malheureusement pas car au fond de lui, le jeune adulte doué ou l’adulte doué sent qu’il y a quelque chose qui n’est pas respecté, quelque chose qui n’est pas nourri. Cela provoque bien des souffrances, bien des malaises, bien des dépressions. S’accepter tel que l’on EST dans toutes ses dimensions, voilà le défi d’adaptation de soi à soi que chacun a à relever. S’accepter dans sa DIFFERENCE, dans ses TALENTS sans rogner ce qui fait justement son altérité. Prendre confiance en soi et en ses capacités pour que le regard de l’autre ne décide en rien de qui l’on est.   Voilà le défi … et c’est parfois le cheminement de toute une vie.

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Billet n° 9

Billet n° 9

Cela approche à grand pas…le jour J…le moment où il faut reprendre le chemin de l’école ! Et ça se complique ou pas dans la tête des HP. Hier, petit échange avec un ado haut perché « tu reprends bientôt, alors ? En première scientifique comme tu voulais ? » « Euh …je ne sais pas » Ses parents consternés… « Martin, tu sais bien quand même, tu sais qu’il faut aller chercher les livres qu’on a payés, ta carte de cantine ? Ouh ouh ?? » « Euh, (rire gêné) mais c’est bientôt ? » OUPS ! Joli déni s’il en est.   La plus jeune « Et toi ? Quel ressenti avant d’y retourner ? » Tête désespérée … « Je n’ai pas envie du tout » « Mais tu vas peut-être retrouver des copines, des copains,  des personnes que tu aimes bien ? « Non, justement, je n’ai pas envie du tout de retrouver mes ‘camarades’ de classes » Re-OUPS ! Pas facile, facile de reprendre le chemin de l’école. Et côté prof ? Certains n’ont pas envie « de quitter les vacances », d’autres sont angoissés, stressés, d’autres disent ne pas avoir envie… (ok,ok,  j’imagine d’ici certains commentaires,  d’autres sont ravis ;) super !) Mais globalement, les retours que j’entends ne sont pas très positifs. Comment cela peut-il marcher ? Je veux dire, comment peut-on donner envie aux élèves d’être là si les profs, non plus, n’ont pas envie à 100% ? Et comment les élèves peuvent –ils stimuler les enseignants d’y retourner si l’on sait à quel point la rentrée est dure pour eux? A-t-on jamais « pas envie » de faire quelque chose qu’on adore ? Je ne crois pas.   Alors, c’est pourquoi, de l’intérieur, sans attendre toujours la réforme génialissime, il me semble indispensable de changer les choses ! Changer notre regard, proposer de nouvelles méthodes, s’ouvrir à évoluer vers un « mieux enseigner » ou un « enseigner autrement » ...pour que la rencontre élèves-enseignant soit « un jour de fête » !

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Billet n° 8

Billet n° 8

Petite réflexion du jour sur la manipulation et les hauts potentiels. Encore une fois, ils sont des victimes idéales, des proies qui tombent plus facilement sous l’emprise des manipulateurs. Qu’est-ce qu’un manipulateur? Une personne qui se sert des autres pour arriver à ses fins, pour obtenir des avantages et des bénéfices personnels. Le manipulateur narcissique ramène tout à lui et recherche le pouvoir. Pourquoi  les HP sont-ils des pâtures idéales? La blessure qu’ils ont tout au fond d’eux se trouve comblée, pour un temps refermée et comme soignée par ce que leur apporte le manipulateur. Que celui-ci joue sur la corde sensible …et les voilà transformés en Saint Bernard, sauveur de l’humanité. Comment pourrait-il laisser un pauvre petit être souffrant sur le bord de la route ? Eux –même ont tellement souffert déjà…ils savent les mots qui réconfortent …ils savent la souffrance endurée grâce à leur colossale empathie… Et le manipulateur fait croire au HP qu’il est le seul capable de le sauver. Que celui-ci joue sur le chantage affectif … ils ont enfin quelqu’un qui les aime …et qui semble les aimer vraiment. Alors, ils se fondent dans ce délicieux sentiment d’être enfin aimé et compris…Le HP a certainement déjà bien assez souffert d’être incompris, de ne pas avoir d’ami(e)s, alors avoir enfin quelqu’un pour qui on compte …c’est trop magnifique ! Il faut le garder, il le faut absolument ! Que le manipulateur joue sur la flatterie que cela apporte au HP est un autre stratagème. Enfin, quelqu’un qui est beau, brillant, intelligent … (ou toute autre qualité ‘brillante’ aux yeux du HP fera l’affaire..) leur confirme (enfin !) leur propre valeur. Alors, le HP se sent  apprécié pour un peu plus que ce qu’il se croit être au fond de lui. Les compliments vont bon train et cette pommade les endort complètement. C’est bien cette blessure interne, cette image dégradée d’eux-mêmes,  qui les rend plus vulnérable à la manipulation et en fait des proies idéales. Alors la stratégie est toujours la même… Tout d’abord, le manipulateur cherche à isoler sa proie de manière à la contrôler plus facilement. Isoler un HP est plus facile  tant celui - ci a peu d’amis. Il a bien une famille, oui,  mais cela peut aller jusqu’à l’isoler de sa famille. Le HP va laisser faire. Avec ces phrases magnifiques … « mais de toutes façons, ceux qui n’acceptent pas ...untel  ou unetelle … ne le (ou la) mérite pas, alors tant pis, je ne les vois plus ». Le pervers narcissique dénigre pour mieux se faire valoir et  le plus souvent sans témoin. En même temps, le manipulateur cherche à tournebouler le cerveau du HP, à le renverser comme un crêpe pour l’empêcher de réfléchir rationnellement. Et plus c’est gros, plus ça marche ! Des promesses plus folles les unes que les autres sont faites …des solutions miracles … Comment se fait-il que l’intelligence du HP ne les alerte pas alors ? Leur formidable intelligence ? Et bien justement, celle-ci joue contre eux cette fois-ci. Eux qui ont un fonctionnement atypique acceptent parfois des solutions qui paraissent folles parce que justement, on leur a tellement dit maintes fois que leurs propres propositions étaient dingues, que si pour une fois, c’est quelqu’un d’autre qu’eux qui en exprime, les rassure quelque part. Et ils gobent n’importe quoi sans problème. Et le manipulateur distille son venin, ses mensonges et tisse sa toile… Et la personne à haut potentiel, enfant, adolescent ou adulte …tombe dans le piège qui se referme sur elle inexorablement. Et plus la personne à haut potentiel est solaire, plus le manipulateur va se trouver attirer par elle, …comme pour mieux s’en nourrir. Que faire face à cela ? Et bien c’est là que c’est difficile. Parce que tant que celui qui est manipulé ne s’en rend pas compte, il n’y a pas grand-chose à faire.  Si vous abordez le sujet frontalement avec la personne manipulée pour la mettre en garde, vous risquez d’abattre des cartes qui seront utilisées contre vous plus tard. Vous risquez de conforter l’idée d’incompréhension et de victimisation. Cela risque d’enfermer la victime et son bourreau encore un peu plus dans leurs relations devenues exclusives… Si vous êtes spectateur  de cette relation –poison : la solution est d’être là quand les yeux du HP manipulé vont s’ouvrir…parce qu’ils s’ouvrent à un moment ou un autre…en espérant que les dégâts provoqués ne soient pas irréversibles. Favoriser, consolider la confiance en lui du HP, l’aider à se connecter à ses ressentis profonds, ceux qui ne trompent pas et qu’il n’ose pas ou plus solliciter parce qu’ils lui indiquent le contraire que ce que sa tête lui dicte de faire. Et si vous vous reconnaissez dans le descriptif ci-dessus, n’hésitez pas à en parler à une tierce personne, prendre du recul permet souvent d’y voir plus clair.   Dans tous les cas, rester vigilant parce que cela peut arriver à tout le monde…

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Billet n°7

Billet n°7

Réforme du collège : une vraie fausse bonne idée ? La réforme entrera en vigueur en septembre prochain…toutes les équipes éducatives la préparent, les journaux en parlent, les reporters télé sont sur le qui-vive… attention, c’est parti ! Avec les enseignants de l’établissement dans lequel je travaille, nous avons eu deux journées pédagogiques pour être fin prêts en septembre 2016 …Réunion, formation, dialogues entre collègues …réflexions intenses pour tenir compte des nouvelles inflexions impulsées par la réforme. Je ne veux pas analyser toute la réforme, mais je voudrais ici me pencher sur les EPI. Enseignements pratiques interdisciplinaires…Ceux-là même dont on nous dit que ça va TOUT changer. QU’est-ce que c’est ? Une proposition de mener à plusieurs collègues de matières différentes des projets communs afin de motiver les élèves. (Entre parenthèse, je viens là de synthétiser 3 h de la dernière réunion pédagogique animé par un enseignant très motivé) Bref…parfois il est pertinent d’expliquer longtemps pour que chacun comprenne. Alors des exemples ? Le décès de Claude François aurait dû servir  à faire passer les principes physiques de  la notion de l'électrocution.  Les éditions Bordas ont abandonné l’idée initiale qui était que le cours aurait dû s’appuyer sur un cas pratique liant la physique-chimie aux SVT (Sciences et vie de la Terre). Devant les réactions vives sur les réseaux sociaux, cette idée a été abandonnée. Alors prenons d’autres exemples : étudier la notion d’agglomérations en rapprochant les cours faits en géographie et ceux de langues avant un voyage à l’étranger par exemple. Ou bien, étudier la notion de mémoires en rapprochant les cours de Français et d’Histoire …Ou bien … en fait tout est possible dès lors que deux ou trois enseignants se mettent d’accord pour étudier une partie de leur programme à partir de la mise en place de ces fameux EPI. Idée révolutionnaire ? J’en doute … Tout d’abord, c’est omettre que les enseignants le font déjà. Parce que trouver du sens, c’est bien ce que l’on cherche dans nos programmes. L’idée d’encourager d’autres enseignants à le faire, se défend …mais a-t-on des moyens concrets pour échanger, pour travailler ensemble ? Non, bien sûr. Ceci doit se rajouter à ce qui se fait déjà. Mais quand on aime, on ne compte pas…c’est bien connu. Idée révolutionnaire ? Cela devrait selon le formateur qui nous a éclairés de ses lumières, améliorer l’investissement des élèves car cela permet de « privilégier la démarche de projets pour aboutir à des réalisations concrètes »…ah bon ! Et selon les textes officiels : les élèves vont travailler sur des sujets proches et voir « converger les savoirs disciplinaires pour mieux appréhender leur utilité et la façon dont on peut les convoquer pour comprendre des situations de la vie quotidienne ou comprendre les enjeux sociétaux ». Mais si la façon d’enseigner est la même, cela va –t-il les passionner ? Etudier les villes du monde …en géographie et en langues…. va-t-il rendre plus digestes la notion de CBD ? de suburbs ? de périurbanisation ?? Je ne crois pas. Ce n’est pas le contenu qui compte mais bien la manière dont on le fait passer. Et là ? Quelle directive ? « Accroître l'autonomie des équipes éducatives pour s'appuyer sur leur expertise. » C’est pertinent, certes. Mais  là où je suis plus dubitative, c’est que lors de nos journées pédagogiques, je n’ai  absolument rien entendu sur ce sujet. Les huit formes d’intelligence ? La pédagogie par le jeu ? La nécessité de créer une pédagogie positive ? Je ne l’ai pas entendu évoquer, ne serait-ce qu’une seconde. Alors, réformer s’impose, sur ce point aucun doute. Et il est de même absurde de vouloir déjà juger de l’efficacité de la réforme. MAIS… je ne peux que tristement regretter que les orientations ne prennent pas en compte certains besoins essentiels : le nombre  d’élèves par classe, le rythme imposé aux enfants, la formation des enseignants à des pédagogies plus novatrices …etc. Wait and see.     Et d’ici là, restons motivés afin de stimuler intelligemment nos élèves.

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Billet n°6

Billet n°6

La fin des illusions L’envie me vient aujourd’hui d’écrire un billet sur les jeunes adultes à haut potentiel .En échangeant avec eux, je mesure combien, pour certains d’entre eux, la route vers la sérénité semble encore longue. Lorsqu’ ils sont encore au collège, et pour les aider à tenir, certains psychologues les encouragent en disant « Patiente encore, le lycée n’est pas loin, cela va devenir plus facile pour toi » Et ils ont en partie raison. Au lycée, les attentes sont plus fines, la stimulation intellectuelle plus réelle et l’enfant HP s’y ennuie moins. Les autres élèves sont aussi moins virulents face à la différence et le HP peut se sentir enfin accepter par ses pairs. Mais …l’ennuie peut encore être là. Malheureusement… et le changement récent de programme l’encourage. Dans la matière que j’enseigne (l’histoire-géographie) le nouveau programme rend plus difficile la possibilité de liens, de passerelles d’un thème à l’autre …alors le cours est plus linéaire et il faut apprendre…parfois par cœur …et cela, le HP n’aime pas. Mais bref, ceci est un autre sujet. J’en reviens à l’élève HP qui croyait atteindre le Saint Graal et qui déchante au lycée ; mais il tient le coup. Vaille que vaille…pour peu qu’on lui indique une orientation post-bac qui le stimule, il tient et réussit. Commence alors les études post –bac. Et beaucoup d’élèves que je connais veulent aller en faculté de médecine. Dans le lycée où j’enseigne, il peut y avoir 10 élèves par classe de terminales S qui souhaitent y aller. Pas forcément tous à haut potentiel mais leur nombre est très conséquent. Ceux qui y sont allés et avec qui j’ai échangé, me parlent certes de la quantité de travail, et ce n’est pas ce qui les effraie, mais aussi d’un aspect purement « bourrage de crâne » avec des listes de termes à mémoriser. Première désillusion, ce n’est pas passionnant mais indispensable. Alors les étudiants s’y soumettent. S’il faut en passer par là pour devenir médecin ou chirurgien, pour soigner et pour atteindre les objectifs, ils l’acceptent. Puis ils avancent dans leur cursus et découvrent le monde hospitalier. Et là, c’est le choc. Découverte d’un monde où les relations entre étudiants et personnels soignants ne sont pas toujours chaleureuses et amicales. Découverte de la réalité de la souffrance au quotidien. Découverte d’une gestion à l’économie et des conséquences de la restriction budgétaire. Deuxième désillusion et certains arrêtent là. Ce cortège de désillusions conduit alors à une sévère remise en question. L’idéalisation du projet professionnel est sérieusement mise à mal. La confiance en soi et en ses capacités aussi. Il faut alors trouver une autre orientation qui nourrisse à la fois le besoin d’idéal, la soif d’absolu et qui soit suffisamment stimulante intellectuellement pour que l’étudiant HP ne décroche pas. Parce que s’il y a décrochage scolaire lorsqu’un redoublement est proposé à un HP ou lorsque l’enseignement prodigué est trop facile, qu’il soit en CP ou en BTS le résultat est le même. C’est le cercle vicieux de l'échec : manque d’intérêt donc ni travail ni motivation, donc pas de bons résultats et dégoût de l’école. Il convient alors de vraiment se poser les bonnes questions avant de s’engager dans ses études post-bac. Certes, la réorientation fait partie du processus et cela aide à dédramatiser le cursus choisi. Mais attention pour les étudiants HP qui, ont encore plus que les autres, besoin de ne pas être déçus. L’école, puis le collège puis le lycée…cela est déjà long. Très long. Si lorsqu’ils pensent être arrivés à enfin étudier dans leur domaine de prédilection, ils ont de trop fortes désillusions alors ils craquent. Courage à eux et courage aux parents qui les accompagnent.   Confiance aussi en leurs capacités à rebondir !

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Billet n° 5

Billet n° 5

Une attitude bienveillante Dans le cadre des ateliers méthodologiques que nous animons, nous demandons aux élèves à haut potentiel présents d’exprimer ce qui les gêne le plus à l’école. Ce qu’il y a de frappant, c’est finalement leur recherche de conformisme. Ils ne remettent pas tant en cause que cela le système... ; certains vont bien espérer qu’il y ait des salles de jeux vidéo, d’autres aimeraient qu’il y ait comme une bibliothèque du savoir dans tous les domaines où ils pourraient puiser leurs connaissances à l’envi. Mais globalement ce qu’ils veulent, c’est peu de changement ! Certains ont même du mal à envisager que les punitions disparaissent. Même quand on leur fait remarquer qu’il pourrait être plus efficace de punir peut –être « autrement » qu’en faisant faire des travaux inutiles, ils s’insurgent … « Mais ce serait l’anarchie alors … ! » Bref, ce qu’ils veulent, c’est de l’ordre, du savoir et … et de la bienveillance ! L’élément qui ressort de tous les questionnements est celui-là : ils souhaitent avoir des  professeurs qui jettent sur eux un regard bienveillant. Pas celui de bêtes curieuses, pas celui appuyé d’enfants à qui on devrait dérouler le tapis rouge, pas celui indifférent de l’élève qui doit fonctionner comme les autres…mais un regard empathique et généreux. Un exemple de manque de conscience de l’enseignant : lorsque le prof rend les copies en commentant leur contenu à l’oral. Les élèves HP sont unanimes, c’est INSUPPORTABLE ! « C’est la honte ! De toutes façons, ça ne sert à rien et puis c’est humiliant ». Avis chers professeurs peut être pouvez-vous  supprimer cette pratique si elle persiste dans vos classes. Un autre point qui les rassemble, les contrôles surprises. « C’est  horrible, j’ai peur dès que je vais en cours car la prof parfois met des interrogations sans nous avoir prévenu » Mais une évaluation doit –elle évaluer le travail effectué ou le degré de surprise provoquée ?  La réponse semble couler d’elle-même et pourtant certains aiment à vérifier que l’on peut créer dans un groupe un effet inattendu... ; persuadés qu’ils sont peut-être de vérifier ainsi le travail fait. Ils ne mesurent cependant pas l’investissement  (car un élève même travailleur peut avoir des moments sans !) mais le niveau de surprise. Mais il y a d’autres moyens de provoquer la surprise de ses élèves.. et des moyens plus pertinents. En effet, une autre attente des élèves HP est d’avoir des cours moins ennuyeux. Et là, j’en reviens à mon investissement gagnant-gagnant. Si l’élève s’ennuie, c’est parfois parce qu’il ne cherche pas à s’intéresser certes, mais aussi parfois parce que le cours ronronne de manière trop répétitive. L’enseignant d’ailleurs lui aussi s’ennuie parfois. D’où des méthodes pédagogiques pour stimuler les huit formes d’intelligence ou pour diversifier les méthodes d’apprentissage. Il y a alors une synergie constructive : le prof revoit ses méthodes en diversifiant ses outils pédagogiques et l’élève renoue avec le plaisir d’apprendre.   Utopie ? Non, plaisir d’être ensemble et bienveillance.

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Billet n°4

Billet n°4

Les intelligences multiples Le fait d’être qualifié à haut potentiel suppose que des tests aient validé un QI supérieur à 130. C’est clair et simple comme approche. Peut-être justement un peu trop clair et un peu trop simple. Pourquoi ? …Parce que l’intelligence ne peut se réduire à un chiffre. Même si le test évalue bon nombre de qualités, les différents items qui y sont examinés ne prennent pas en compte TOUTES les formes d’intelligence. Loin de moi l’idée de mettre ces tests à la poubelle (même si je souhaiterais vivement qu’ils soient revus, réadaptés mais c’est un autre problème…), mais il faut absolument nuancer les résultats obtenus par une observation du comportement, de l’attitude de la personne testée. Comment se comporte-t-il avec les autres ? Comment gère-t-il ses émotions ? Comment s’y prend-il face aux difficultés ? Un échange avec les parents, avec l’enfant est indispensable pour clarifier tout cela. …Parce que l’intelligence est multiforme. Howard Gardner, professeur en sciences de l ́éducation à Harvard, a montré que nous avons tous, toutes les formes d’intelligence (Verbale/linguistique – kinesthésique – musicale – intrapersonnelle – interpersonnelle – logico/mathématique – visuelle/spatiale – naturaliste – existentielle). Cela a le mérite d’ouvrir l’approche de l’intelligence à une approche non chiffrée et plus large que le seul aspect « intellectuel ». La personne à haut potentiel, comme celle qui ne l’est pas, A ces différentes formes d’intelligence. Si elle est « douée », alors celles-ci seront plus fortement développées. Les aspects, que le système éducatif français évalue, sont surtout la forme logico/mathématique et verbale/linguistique. Mais point de valorisation de l’élève qui a une intelligence interpersonnelle forte et qui sait être le médiateur qui apaise un groupe classe (surtout si sa réserve l’a privé d’être élu délégué de classe). Point de hausse d’estime de soi, si l’élève ayant une très forte intelligence kinesthésique se trouve plutôt éteint dans une filière où la manipulation concrète est rare. Proposez une pédagogie qui s’appuie sur les intelligences multiples permet de remédier à ces problèmes et de valoriser tous les talents. …Parce que l’intelligence évolue en fonction du degré de confiance en soi. L’élève inhibé, l’enfant qui a peur de montrer son vrai visage, ne va pas « donner à voir » ses talents. Telle élève de terminale me disait encore ce matin combien son professeur de mathématiques ne l’encourageait que peu (même pas du tout). Cette façon de traiter les élèves, de les  dévaloriser, développe en eux un réel manque de confiance. Dès lors, leurs capacités ne peuvent se laisser voir, ne peuvent s’épanouir. Renouer avec le cercle vertueux de l’encouragement peut aider à corriger cela. Alors si le haut potentiel est un ensemble de qualités, certaines quantifiables et d’autres non, n’oublions pas de développer toutes les formes d’intelligence des enfants. Non pas pour en faire des singes savants mais bien pour les aider à s’épanouir.   Nous proposons des ateliers (tout niveau) afin de transmettre des outils pédagogiques qui s’appuient sur les différentes formes d’intelligence.

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Billet n°3

Billet n°3

Haut potentiel, handicap invisible ? Hier, il m’ a été donné d’entendre une plaidoirie faite par un élève à haut potentiel, Justignin , plaidant pour que la précocité soit mieux prise en compte par les enseignants, plaidant aussi pour que le haut potentiel soit reconnu « en tant que handicap invisible au même titre que les dys ». « Handicap invisible. » Le système scolaire français amène donc que ce qui devrait être encouragé comme une chance, un atout, une richesse se transforme dans sa perception par certains élèves concernés eux-mêmes en « handicap invisible ». Le ressenti de ce jeune de terminale me fait froid dans le dos. Ecoutant les conseils donnés, il a eu une démarche très scientifique. (Et je l’en félicite !)  Il est allé regarder sur les sites de l’Education nationale et a constaté que le haut potentiel y est à peine abordé. En effet, il n’y a pas encore dans le cursus de formation une prise en compte claire et concrète des élèves à besoins spécifiques. Il est allé aussi sur des forums spécialisés et a constaté qu’un bon  nombre d’enseignants demandait  concrètement des conseils pour savoir comment s’y prendre avec leurs élèves HP. Conseils parfois renseignés par les parents eux-mêmes : mon élève de constater alors le paradoxe, … les parents « apprennent aux professeurs à apprendre ». Je rajouterai que s’il était allé du côté des formations en psychologie, il aurait pu faire le même triste constat. Rien de spécifique, un module de quelques heures sur la précocité. L’idée reçue que si un enfant est précoce, il peut réussir très bien et qu’il n’y a donc rien de particulier à faire pour lui, est tenace. Certains enseignants en sont encore même à l’étape colère. L’enfant à haut potentiel  les dérange tellement, les  bousculent tant dans leurs schémas de pensée qu’ils retournent leur sentiment d’échec contre l’élève et le stigmatisent. Telle Maman m’expliquait que l’enseignante de sa fille  avait très mal réagi depuis qu’elle avait connu son haut potentiel. Après être passée par une phase de provocation (l’enseignante provoquant l’élève, attention à ne pas se tromper de sens !!), ce professeur avait choisi désormais de l’ignorer. L’élève levant la main, la prof ne l’interroge jamais … par exemple…Bref… le malaise de l’enseignante démunie devant ce zèbre qui fonctionne autrement, se transformant en enfer pour elle-même et en situation très douloureuse pour l’élève. C’est pourquoi mon élève demande à juste titre dans sa plaidoirie que les enseignants soient mieux formés et informés sur la précocité. Si seulement il pouvait être entendu. C’est pourquoi j’ai eu envie de le mêler à mon billet d’humeur ce matin et de partager sa réflexion à la mienne. Nous constatons que les outils que nous avons mis au point dans le cadre d’A2préccoe et qui fonctionnent avec les élèves à besoins spécifiques, avec les autres, avec …tous en fait puisqu’ils prennent en compte les différentes formes d’intelligence, ces outils donc, et bien nous avons du mal à les diffuser. Peut-être nous y prenons nous mal pour communiquer … Alors, avis aux intéressés : Catherine Gié et moi-même proposons des formations pour les enseignants (collège et lycée surtout). Nous allons à Paris vendredi prochain pour cela. (Il y a encore des places). Nous avons écrit un livre qui regroupe plusieurs moyens… « Elève précoce : agir et apprendre autrement »Chronique Sociale. Nous aidons les jeunes à haut potentiel, mais si nous pouvions être plus actives à la source ; c’est-à-dire vers les enseignants, nous en serions tellement heureuses !   Merci Justignin pour ta plaidoirie d’hier, même « timide », j’espère avoir entendu ta voix.

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Billet n°2

Billet n°2

Les élèves à « besoin spécifiques »…nos meilleurs alliés. L’école est un lieu de socialisation et d’apprentissage. Jusqu’ici rien de spectaculaire. Bon nombre d’enfants acceptent  de venir à l’école et y sont même heureux. Ils aiment apprendre en groupe, ils aiment découvrir au rythme insufflé par l’enseignant. Ils acceptent les contraintes de travail et trouvent du plaisir dans ce qu’ils font. Tant mieux, l’école a été pensée pour cela. Ce type d’élèves réussit, ou pas d’ailleurs, mais pas de problèmes pour eux car  ils ne sont pas en souffrance. Puis un autre groupe émerge. Ce sont ceux qui sont en rébellion. Ils sont à besoins spécifiques comme aime à le dire l’Education Nationale. Ce sont les dys ….  dysorthographique, dyscalculique, dyspraxique … Ce sont les enfants à haut potentiel. Ce sont les enfants qui souffrent d’un déficit d’attention (TDAH). Ce sont tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Ces enfants-là manifestent par leur comportement leur inadaptation au milieu scolaire. Ils peuvent être des trublions en cours, tellement agités que l’on ne sait comment les gérer. Ils peuvent au contraire être complètement éteints tant l’environnement scolaire ne leur permet pas de laisser s’épanouir qui ils sont vraiment. Ils peuvent refuser d’aller à l’école tant leurs besoins « spécifiques » n’y sont pas nourris. Les réactions de ces élèves sont multiples et certaines sont tellement discrètes que cela ne se soit pas, ils ne font pas tous des vagues… Les enfants à haut potentiel sont là nos meilleurs alliés. Je m’explique. Contrairement au déficit d’attention ou au dys.,  le haut potentiel n’est pas perçu (et tant mieux !) comme un handicap. Je veux dire que la douance est envisagée comme un atout  par ceux qui ne la connaissent que de l’extérieur. « Il est doué, il doit être le premier de la classe ! » Il est évident que c’est faux dans bon nombre de cas, mais laissons pour une fois les néophytes le rester. Pour ceux qui connaissent la précocité,  il parait plus juste de penser qu’elle est bien un atout … mais qu’il faut la laisser s’épanouir pour qu’elle le soit vraiment, la guider, l’accompagner. Bref, rappelons si c’est utile que 50 % des enfants à haut potentiel n’arrivent pas au baccalauréat. Ainsi, la précocité étant rarement perçue comme un handicap, il y a souvent face aux enfants à haut potentiel qui ne réussissent pas, des réactions négatives de la part des enseignants. (Réactions non exprimées face à ceux qui sont perçus comme « handicapés »). Ce sont à ces enfants qu’il est demandé de s’adapter, ce sont eux qui doivent plier devant le système. Ce sont eux qui doivent nier leur fonctionnement pour se conformer à ce que l’école attend d’eux. Je vous invite à changer de point de vue. Ainsi, les élèves à haut potentiel que vous avez dans vos classes, chers collègues, ne sont ni plus ni moins que des indicateurs, des veilleurs …ou j’ose l’image du suricate, ces « sentinelles du désert »! C’est-à-dire ce petit animal, le Timon du roi Lion, qui est sans cesse en alerte, pour prévenir les autres membres du groupe d’un éventuel danger. Eh bien, en cours, les élèves à haut potentiel devraient guider chaque enseignant à revoir sa façon de travailler. Si vous avez repéré dans chacune de vos classes, vos petites sentinelles, surveillez leur attitude. Dès que vous percevez quelque chose de moins « gais » dans leurs yeux alors alerte rouge ! Changer de rythme, utiliser l’humour. Evoquez quelque chose d’original…bref, utilisez ce qu’ils vous renvoient, parfois bien malgré eux pour bouger les lignes. L’idéal étant d’avoir anticiper cela avec des méthodes pédagogiques innovantes. Mais surtout, cessez de voir en eux des élèves « pénibles », « lourds à gérer » etc… et tous les propos négatifs qui sont parfois émis. Voyez au contraire, l’opportunité qu’ils offrent de changer vos méthodes. Tous y trouveront leur compte. Les enseignants, et tous les autres enfants.   Et vous chers élèves HP, savourez d’être, grâce à votre refus de la conformité, ces magnifiques sentinelles.

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Billet n°1

Billet n°1

L’école …lieu de souffrance Mon métier d’enseignante me place au contact direct des deux partenaires clefs de l’école, à savoir les enseignants d’un part et les élèves d’autre part. Mon constat ? Tout le monde souffre. J’entends des collègues exprimer leurs difficultés à transmettre avec intelligence ce que le programme leur impose de faire. Un collègue de mathématiques me disait combien il était mal de ne pouvoir aider les élèves qui ne comprennent pas sa matière. Les classes, dans leur constitution, le programme qui lui est demandé de transmettre et le rythme qui en découle, bloque la possibilité qu’il aurait de faire passer efficacement son savoir. Il concluait que soit l’élève comprend, et c’est tant mieux, soit il ne comprend pas ou plus et dès lors, c’est irrattrapable. Un autre collègue me faisait remarquer combien le nouveau programme d’histoire géographie empêchait de proposer aux élèves des sujets qui invitent à réflexion. Désormais les terminales rédigent des pages et des pages qui sont pour beaucoup une simple récitation. Une autre collègue exprimait ses difficultés à trouver du temps pour accompagner efficacement des élèves qui ne savent comment apprendre. Du côté des élèves, les enfants à haut potentiel disent qu’ils s’ennuient. D’autres sont tellement en souffrance qu’ils ne peuvent plus venir à l’école. La phobie scolaire …quand même !! Une mise sous nos yeux de ce que l’école est un lieu de souffrance pour les enfants. Et puis il n’y a qu’à regarder leurs visages…Ils sont tristes, abattus …peu de sourires. D’autres réagissent par de la violence, ils se butent, ils dérapent…mais c’est une autre façon d’exprimer que ce qu’ils vivent, ne leur convient pas. Lieu de souffrance. Alors je parle de l’école parce que je connais, j’y travaille, je la vis de l’intérieur. Mais ce constat pourrait certainement être étendu à d’autres lieux. Mais comme je suis un esprit pratique, le constat posé, je me dis, que faire ? Continuer ainsi, développer du ressentiment, de la colère ? Comptabiliser les nouveaux burnout ?  Laisser faire une énième réforme ? Attendre que la retraite arrive pour les profs ? Attendre les vacances ? La fin du calvaire pour tout le monde ? Constater ce problème me déchire le cœur parce que je vois par ailleurs des deux côtés des personnes de bonne volonté. Je vois des enseignants qui veulent aider, transmettre, partager leurs connaissances. Je vois des élèves qui ont envie d’apprendre, qui travaillent mais qui ne sont pas épanouis. Et la rencontre ne se fait pas. J’ai envie déjà que cette prise de conscience s’étende afin de permettre de passer à une éventuelle solution. Il est impératif que les acteurs de l’école soient conscients, que les profs réalisent combien les élèves en face d’eux sont mal et que les élèves réalisent combien les enseignants le sont aussi. Cela n’amène pas à tout accepter sans rien dire. Il y a des profs qui sont imbuvables à écouter tant ils sont ennuyeux et il y a des élèves qu’on passerait par la fenêtre tant ils sont arrogants.   Il y a, je n’en doute pas,  possibilité de dépasser ce triste constat pour en faire quelque chose de bien, de nouveau. Sans attendre que la solution tombe de je-ne-sais quel ministère ou de telle opération magique.

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