Billets d'Humeurs

Billet N° 30

Billet N° 30

Ami pour la vie. J’ai plusieurs fois évoqué combien le relationnel des personnes HP pouvait être compliqué. Difficile de se faire des amis, difficile de les garder, difficile de trouver des personnes avec qui l’on partage les mêmes sujets d’intérêt, les mêmes délires, le même humour…c’est souvent problématique. Mais il y a pourtant un ou une ami(e) avec qui le relationnel matche à tous les coups et avec qui la personne à haut potentiel peut trouver un réconfort IMMENSE…c’est l’animal ! L’intuition dont font preuve les HP permet déjà de se mettre au niveau des besoins de l’animal. L’interprétation de ce que ressent le chien, le chat, le cheval est beaucoup plus aisée, et dès lors y répondre, coule de source. Hier encore un Papa, éleveur de profession, me disait que sa fille, bien que jeune, lui apportait un précieux soutien dans son travail.  En effet, même si le temps investi est très limité, cette jeune lycéenne apporte de subtiles observations sur l’état du troupeau, informations qui parfois surprennent le Papa tant elles sont subtiles … subtiles et justes ! Aussi, l’animal apporte un réconfort affectif sans faille. Point de trahison, point de coup-bas, point de jalousie, point de mesquineries …le HP peut alors y puiser toute la tendresse dont il a besoin, affection qu’il ne trouve pas toujours auprès de ses pairs. De plus, le HP évolue souvent dans un monde de bisounours. Et si dans ce monde-là, l’humain déçoit ; alors l’animal, jamais. Il est l’ami idéal lorsqu’il y a des coups de blues, de la solitude, des douleurs. Il apporte une sécurité et une présence essentielles. Il est le confident qui reçoit les secrets les plus intimes sans manifester une once d’ennui ou exprimer un seul jugement. Il est le compagnon de jeux, le complice, il est un partenaire exceptionnel. Et ce qu’il y a de génial, c’est que l’intuition de l’animal fonctionne en réciprocité. Combien ai-je vu de fois, le chat de la famille se coucher sur la partie du corps dont le prétendu « soigné » avait le plus besoin, prouvant par là-même des talents d’équilibriste insoupçonnés. Combien de fois ai-je vu le chien de la famille, pousser la main de l’un des nôtres pour quémander une caresse. Il demande alors que c’est en invitant à cette attention qu’il apporte une aide énorme à celui qui donne. C’est un soutien parfait dont on ne saurait se passer, si l’on en mesure toute l’étendue. Sauf quand le drame arrive et que cet être si essentiel disparaît. Alors parfois, la douleur est si forte et le jusque-boutisme du HP si marqué, qu’envisager avoir un autre compagnon à 4 (ou 2 ou zéro…) pattes n’est plus possible. Heureusement, cela n’interdit pas d’avoir toujours un regard bienveillant sur tous les animaux. Il est toujours possible de les observer avec passion, de prêter attention aux chants des oiseaux ou de s’arrêter pour laisser traverser tranquillement une biche. Nathalie C

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Billet N° 29

Billet N° 29

In and out Les personnes à haut potentiel ont parfois du mal à rester dans le cadre. Non par esprit de contradiction mais parce que cela ne leur parle pas. Si l’on prend en exemple le fait de ranger … cela va, en revanche, parler à plusieurs d’entre vous ! Le fait de « ranger » regroupe diverses perspectives qui rebutent le HP : l’aspect répétitif (très ennuyeux), sans surprise ou découverte (très, très ennuyeux), consommateur en temps à des moments où il aurait tant à faire de mieux et de plus passionnant !!! « Mais pourquoi faire le lit, alors que l’on va se recoucher ce soir ? » De plus, vous connaissez certainement cette citation d’Einstein : « Si un bureau en désordre dénote un esprit en désordre, alors que dire d’un bureau vide ? » Il est vrai que lorsqu’on se trouve au cœur d’un processus créatif, le désordre s’installe, le bureau ou la chambre toute entière peut devenir un véritable champ de bataille. Pratiquer un brainstorming devant un tableau procède de la même logique : faire des liens et permettre ainsi aux idées nouvelles de surgir ! Et la personne à haut potentiel avec son esprit qui papillonne peut se sentir bien dans ce capharnaüm. En revanche, quand le bazar s’installe de manière pérenne, cela n’a rien de motivant. Rester dans une pièce en plein chantier peut même peser sur le moral. Et ce n’est pas le fouillis ambiant qui aide à devenir plus innovant ! Il est vrai qu’il y a aussi des HP très rigoureux, qui aiment que tout soit bien aligné, bien présenté. J’ai de tout dans les copies que je corrige : mais le plus souvent, une écriture à peine lisible, des documents mal découpés et collés de travers, des traits tracés sans règle, à l’arrache … cela m’aide souvent à repérer des élèves HP. Alors, je félicite encore Lucie, étudiante et HP, d’avoir pris son courage à deux mains pour transformer son appartement en un espace propre, ordonné et dans lequel, je ne doute pas qu’elle puisse bien travailler. Nous avions proposé des transformations des espaces de travail en un « avant / après » au cours d’ateliers et d’autres élèves avaient montré une transformation spectaculaire. Alors, HP qui me lisez, à vos placards, tiroirs et sacs poubelles ! Faites le calme autour de vous en mettant en œuvre un minimum d’organisation afin qu’une douce quiétude vous accompagne. ???? Nathalie C  

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Billet N° 28

Billet N° 28

Tout est important… Une de mes casquettes professionnelles me permet d’être devant des élèves et de leur enseigner l’histoire géographie. Quelle matière merveilleuse pour repérer les élèves HP !! Pourquoi donc ? eh bien, parce que se révèlent alors quelques-unes des caractéristiques de la douance dans ce qu’elle a de mieux et de …. Compliqué. Souvent l’élève à haut potentiel aime cette matière, surtout si on la rend vivante. Son excellente mémoire lui permet d’y réussir sans trop d’effort. Disons que les années collèges sont des années plutôt faciles. Cela se complique quand viennent les exercices de développement construit. L’élève HP a une vision synthétique des choses et il comprend souvent difficilement qu’il soit utile de développer. « Ah, vous voulez que je blablate » me disait l’un d’eux ayant cerné (enfin ????) ce qui était attendu, c’est-à-dire des exemples, des arguments …bref, un vrai développement nuancé et riche. Si cette difficulté se lève sans trop de mal, il y en a une autre qui pointe vite, et souvent en même temps que le développement construit de fin de collège ou la question problématisée du lycée, c’est l’organisation des idées. L’histoire est une suite d’événements pour l’élève HP, un enchaînement de faits, de connexions possibles qu’il peut laisser filer comme bon lui semble. Les liens se font entre connaissances politiques, culturelles, économiques, sociales …c’est sans fin. Et c’est un vrai bonheur d’avoir un élève HP dans sa classe : les questions fusent et parfois même, dans tous les sens. Comme c’est vivant ! Comme c’est stimulant ! En revanche, devant sa copie, l’élève HP a du mal à construire un plan …disons un plan logique ou cohérent. Tout s’enchaîne sans vraiment de structure claire et c’est souvent une énorme difficulté pour lui de cerner ceci. Organiser les idées ! Il suit sa pensée et note les idées comme elles arrivent. Pour lui, l’enchaînement est logique ; en revanche pour celui qui le lit …c’est souvent moins clair …voire pas clair du tout. Il y a encore un écueil et non des moindres : tout est important…donc rien n’est important. (J’inverse ici le sens de la citation de Keith Haring : "Nothing is important...so everything is important.") L’élève HP ne sait pas hiérarchiser l’info. Son esprit atypique va s’arrêter sur un détail, sur un fait qui pourrait paraître assez insignifiant alors qu’il laisse de côté des événements essentiels. Cela m’a sauté aux yeux encore dans mes dernières corrections : c’est certes précis de se rappeler qu’un secrétaire du PCUS a applaudi Staline 11 minutes avant de se rasseoir, ce qui lui a valu d’être ainsi repéré comme ennemi du régime mais …. est-ce plus ou moins utile que de  … citer les dates de la grande Terreur, ou le bilan humain global de cette répression. « Euh… pourquoi faire ? » me dit l’élève HP. « Bien sûr que je le savais mais je ne pensais pas que c’était important. » Et voilà le big problème, l’attention s’arrête sur un point précis, quelque chose qui a éveillé l’esprit car c’est un peu étonnant, cela sort un peu du cadre…mais l’élément clef est oublié. « C’est évident cela Madame ... » comprenez, c’est évident donc je ne le dis pas. Malheureusement, on ne peut évaluer que ce qui est écrit sur une copie, pas tout ce qu’il y a dans la tête de l’élève. Si mes élèves de terminales lisent ce post, certains vont se reconnaître et être un peu moins zen … Pas de panique. On a encore du temps pour améliorer tout cela. Et sinon, c’est bien en transmettant une méthode que ces difficultés peuvent être levées…pour ne garder que le meilleur… soit des connaissances riches, une réflexion pertinente et un esprit critique délicieux ! Nathalie C

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Billet N° 27

Billet N° 27

SILENCE RADIO Les parents que je rencontre sont encore trop souvent dans la démarche de ne rien dire à l’équipe enseignante lorsque des tests ont été faits confirmant la précocité de leur enfant. Bien sûr si ceux -ci sont initiés par l’équipe éducative, les résultats sont couramment communiqués. Ce n’est pas dans ce cas que cela me questionne. C’est lorsque les parents sont eux-mêmes à l’initiative des tests ou bien lorsque l’enfant a changé d’école et que les tests sont tus dans le nouvel établissement.  J’entends trop souvent « nous n’avons rien dit car nous avons peur des conséquences », « non, nous ne disons rien pour l’instant ». Je comprends l’attitude des parents : les préjugés qui collent encore à la douance expliquent leurs craintes. Ils ne veulent pas paraître les parents « pénibles » ou les parents qui seraient « sur le dos » des enseignants…alors motus sur le sujet. Il y a aussi malheureusement des enseignants qui renvoient des paroles qui font mal. Mais si l’on veut progresser, ce n’est pas souhaitable de garder le silence, les conséquences sont trop souvent délétères. Pour l’enfant tout d’abord : comment peut-il appréhender sa singularité de manière positive si tout est gardé secret ?  Ne rien dire aux professionnels avec qui il est censé travaillé dans la confiance et la bienveillance ? Comment ce secret peut-il apporter quelque chose de bon ? Pour les parents : comment espérer une prise en charge tenant compte de cette spécificité si rien ne filtre ? L’enseignant ne découvrira alors la précocité qu’en cas de problèmes …et cela n’apporte aucun avantage. Pour les enseignants enfin : si l’on adhère à une approche de co-éducation avec la famille, comment interpréter positivement la mise à l’écart d’une information comme celle-ci ? C’est pourquoi je conseille toujours de communiquer l’information à l’équipe éducative qui travaille avec l’enfant. Et si le parent est frileux, alors chercher dans l’équipe, l‘enseignant dont on sent qu’il sera plus réceptif. Il est vrai que si l’enfant est au primaire, c’est parfois plus compliqué. Mais cet échange peut tellement apporter : l’éclairage sur l’élève est plus global, l’enfant peut accueillir pour lui-même cette particularité, les parents peuvent observer un meilleur accompagnement et les enseignants avoir des clefs bien précieuses. Ceux qui franchissent le pas ont, dans l’écrasante majorité, reçu des enseignants un accueil réconfortant. Alors en un mot comme en cent … communiquez !!! Encore une fois, sans brandir un étendard , mais sans non plus taire cette composante de la personnalité de votre enfant. Nathalie C

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Billet N° 26

Billet N° 26

Esprit curieux, curieux d’esprit ! L’approche qu’un haut potentiel a du monde qui l’entoure est singulière. La singularité que je voudrais pointer ici porte sur ses goûts et ses domaines d’intérêt. Sa curiosité insatiable le pousse à explorer des sujets, beaucoup de sujets et souvent ceux-ci sont inhabituels. Il y a les traditionnels thématiques des dinosaures, des planètes et des trous noirs. Mais il y a aussi plus étonnant. Une jeune lycéenne HP me posait la semaine dernière, à la fin du cours, une question sur le système politique roumain ! Tel autre HPI collégien m’a confié qu’il a développé un élevage de fourmis … Cet aspect est à mes yeux drôle, touchant et tout simplement fantastique. Quand ils m’ouvrent ainsi leur cabinet de curiosités, j’y vois toujours une marque de confiance et cela me réjouit. J’ai eu ce matin même la clef pour comprendre pourquoi j’y suis autant positivement sensible. C’est même une façon pour moi de repérer certains élèves HP. J’avais déjà témoigné de cela au sujet de la pertinence de leurs questions. Eh bien , les centres d’intérêt très pointus de certains HP sont ainsi aussi une marque de fabrique. La clef qui m’a été rapportée ce matin, concerne une enseignante que j’ai eue en première en français et qui a confié que, deux élèves lui avaient, (je cite) ,« pourri sa carrière » P.F et Nathalie Chardon !!! Pourri sa carrière, waouh ! Qu’ai-je donc fait pour ? Eh bien, passionnée que j’étais de littérature, je dévorais plusieurs livres par semaine, jusqu’ici tout va bien. Je participais énormément en cours, ça va toujours.  Mais, offense ultime, j’ai osé apporter mes centres d’intérêt en classe. Le hic est que je n’ai pas apporté les auteurs attendus, les classiques. Ma curiosité littéraire m’avait attirée vers des sentiers moins défrichés. Je revois encore la tête de cette enseignante quand j’avais proposé Bram Stocker avec « Dracula » comme possible objet d’étude, ou combien elle contenait à la fois sa colère et sa consternation quand elle m’avait rendu une copie où l’ouverture de ma conclusion était une citation de Woody Allen au sujet d’un cervidé bien peu conventionnel. Certainement, mes propositions l’ont déstabilisée. Il n’y avait pourtant aucune intention négative de ma part. C’étaient mes préférences de l’époque et j’avais envie de les partager. Bien embêtant quand même quand on réalise que cette prof avait face à elle, une élève active en cours, passionnée, curieuse, lectrice et d’un bon niveau. Et son ressenti est que je lui ai « pourri sa carrière » !! Mais cela devrait être tout le contraire ! Les élèves à haut potentiel par leur appétit parfois étrange sont autant de bulles de nouveautés, de remèdes à l’ennui, de pépites dans des journées qui, sinon, sont parfois quelque peu monotones. Je remercie vivement tous mes éleveurs de fourmis, mes amateurs d’institutions politiques roumaines et tous les autres !  Merci pour les contrastes saisissants qu’ils osent ! Ainsi pour conclure, j’oserai demander, qu'y a-t-il de plus beau qu'un arbre au printemps, à part peut-être un cerf chantant Stranger in the night au clair de lune avec des guêtres ? Woody Allen. ???? Nathalie C

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Billet N° 25

Billet N° 25

C’est comme un perpétuel lâché de ballons… C’est en écoutant une émission sur la psychiatrie avec Raphael Gaillard que j’ai entendu cette expression… un perpétuel lâché de ballons… Ce professeur de psychiatre expliquait qu’il adorait Diderot car il y trouvait une force paradoxale. Le paradoxe de la rationalité, avec les Lumières et l’ambition de l’Encyclopédie, mais aussi en même temps, la force d’un esprit qui rebondit toujours. Et avec Diderot, selon Jules Barbey d'Aurevilly, « c’est comme un perpétuel lâché de ballons… » Peut-on trouver meilleure définition de la douance ? La douance, c’est ce paradoxe : force de la rationalité et esprit rebondissant. Lorsque cet équilibre est atteint, le meilleur peut s’exprimer. Lorsque le cadre est donné et que le HP en comprend l’intérêt et la finalité, sa créativité et son inventivité peuvent s’exprimer et ouvrir des voies nouvelles. Mais c’est aussi, une excellente approche pour comprendre ce qu’attendent les hauts potentiels des expériences traversées. Cela peut s’appliquer à de nombreux exemples. Un jeune homme m’expliquait récemment sa déception suite à une expérience qu’il avait pourtant rêvée bon nombre de fois, qu’il avait attendue, qu’il avait avec persévérance provoquée ; mais l’expérience réalisée, il s’était rendu compte que ce n’était finalement pas si exceptionnel que cela. Finalement, il n’a pas eu son lâché de ballons. Pour les enfants, c’est la même chose. Quand ils sont petits, la découverte de l’école représente une attente immense. L’appétence pour cette nouvelle expérience est grande. Garantie de découvertes, de nourritures inédites pour leur esprit curieux. Cela me rappelle un tout jeune Thomas, qui, le soir même de sa première journée d’école confiait que certes l’expérience s’était avérée concluante, mais qu’ il était prêt et impatient de passer à autre chose. En une journée, il avait déjà eu son lâché de ballons ! Les 17 années d’école qui ont suivi ont présenté bien peu de nouveaux lâchés. Une jeune femme HP en quête de l’âme sœur me témoignait aussi que lors de rendez-vous, même si elle ne voulait pas au départ rencontrer uniquement des hommes HP, cela se faisait malgré elle. Avec une personne non HP, elle s’ennuyait souvent profondément. Point de ballons, encore moins de lâché. D’où des déceptions, des frustrations bien compréhensibles quand l’attente de la vibration forte est perpétuelle. Amertume après la tentative qui s’avère finalement fade. Insatisfaction suite à l’essai non jugé à la hauteur du fantasme. Quête permanente qui ne peut que conduire à des épreuves douloureuses. Mais si l’on sait repérer l’exceptionnel en toute chose… les lâchés peuvent se multiplier à l’envi. ???? Nathalie C  

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Billet N° 24

Billet N° 24

Dialogue avec les parents Catherine et moi avons organisé une rencontre avec plusieurs parents d’enfants à haut potentiel lundi dernier. Nous avons travaillé à partir de la charte d’accompagnement proposée pour les élèves à haut potentiel dans notre établissement. L’idée reçue que les parents d’enfants HP sont des parents pénibles, qu’ils veulent toujours en faire plus pour leur enfant, qu’ils sont aussi difficiles à gérer que leur progéniture…eh bien, comment dire … ?  J’inviterai volontiers tout enseignant qui pense ainsi (allez en cherchant bien, on doit encore en trouver quelques-uns ????) à nous rejoindre lors de ces échanges. Lorsque les parents proposent des pistes, je suis frappée par leur modération, par leur prise en compte du groupe-classe ainsi que par celle des contraintes de l’enseignant, de toutes les nuances qu’ils envisagent pour les enfants HP et pour tous les autres. Et comme le faisait remarquer une Maman, ce que nous faisons pour les élèves HP rejaillit positivement sur TOUS les élèves. Quand nous organisons ces temps d’échanges, il n’y a pas de posture contre l’enseignant, peut-être parce que l’étant nous-mêmes, les parents présents ne veulent pas nous heurter … mais non, je ne crois pas que ce soit la seule raison. Les parents sont parfaitement conscients de la difficulté de l’exercice. En revanche ils voient bien les ravages de certains comportements ou de certains fonctionnements qui perdurent chez certains professeurs. Une Maman me disait qu’elle ressentait encore chez certains enseignants une « logique d’humiliation ». Ils ont des suggestions, des propositions ! En voici deux rapides à mettre en place. L’idée est que l’enseignant aide à trouver du sens dans les apprentissages. Ø  Aider à faire du lien entre les idées/ les matières/ les apprentissages pour faire sens Ø  Dire aux enseignants qu’ils expliquent pourquoi ils demandent telle ou telle démarche Ce qui est revenu plusieurs fois aussi, c’est l’idée d’une relation dans la bienveillance, avec moins de verticalité mais plus d’échanges et de dialogues. La maturité du jeune expliquant son envie d’être considéré « comme un adulte ». Et comme si cela était nécessaire, soulignons à nouveau l’importance du dialogue enfants/professeurs/parents. Nathalie C  

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Billet N° 23

Billet N° 23

Malade de l’école Dans le cadre de la préparation de la conférence du 4 avril, nous avons échangé avec de nombreux enfants, adolescents souffrants ou ayant souffert de phobie scolaire, ainsi qu’avec leurs parents. Le constat terrible et qui mérite d’être répété à l’envi, tant certains enseignants ne semblent l’avoir encore intégré, est que le jeune souffre terriblement de ne pas pouvoir aller l’école. Certains collègues que j’ai encore entendus un poil ironique devant l’absence répétée d’élèves s’imaginent qu’avec un peu de volonté, un peu de courage, l’élève pourrait balayer ce problème et cesser ses absences répétées. A la place de « phobie scolaire », est apparue récemment l’expression de « refus scolaire anxieux ». Ce terme doit être utilisé avec prudence car il semble appeler à la volonté de l’enfant ou du jeune, ce qui n’est en rien approprié. Dans les textes de l’Education Nationale, il est utilisé le terme de « décrochage scolaire ». Personnellement, je préfère parler d’élèves « malades de l’école ». En effet, les jeunes que nous avons rencontrés souhaiteraient tous être capables d’aller à l’école. Tel Rémi (19 ans) qui en décrochage et préparant son baccalauréat seul chez lui, essayait, au moins sur le temps du déjeuner, d’aller à l’école pour manger à la cantine avec ses copains.  Tel Thomas (17 ans), tentant tous les matins, pendant plusieurs semaines, de venir au lycée mais se bloquant devant les grilles de celui-ci, incapable physiquement de les franchir. Ce n’est pas qu’ils ne veulent pas aller à l’école, c’est qu’ils ne peuvent pas. Et si l’on ne comprend pas ce point fondamental, eh bien, c’est un peu catastrophique. Culpabiliser l’élève, faire des remarques déplacées quand il revient… et ceci peut être le fait tant des enseignants que des autres camarades, ne facilitent pas les choses. Une jeune fille me faisait remarquer la différence d’empathie entre un élève qui revient après un séjour à l’hôpital pour une fracture par exemple, et celui qui vient en pointillé parce qu’il est malade de l’école. Réservons-leur la même empathie. Nathalie C

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Billet N° 22

Billet N° 22

Comment le dire ??? Le choix s’impose parfois comme une évidence… Pour de multiples raisons, il apparait alors utile, important, nécessaire de passer des tests pour établir un « diagnostic » de son potentiel intellectuel. Je n’aime pas trop ce mot lui préférant « repérer » ou « établir un bilan », c’est à dire quelque chose de moins lié à un état maladif, mais tel n’est pas le sujet ici. Ma réflexion porte ici sur la façon dont cette proposition annoncée est interprétée et ressentie en amont. Lorsque cette recommandation est faite, peu importe par qui, en fonction de la façon dont celle-ci est présentée et reçue, le résultat obtenu diffère et pose parfois problème. Parfois, certains se mettent une pression très forte. Ils me disent : « et si je ne réussis pas ? » inquiets de ne pas être confortés dans l’hypothèse émise à leur sujet. S’il l’hypothèse ne confirme pas le haut potentiel, ils ont peur que cela ne les place à nouveau en situation d’échec. Pourtant il ne s’agit pas de réussir ou d’être recalé. C’est comme une photographie à un instant donné des compétences évaluées. Ils abordent cependant les tests avec une certaine appréhension, une appréhension certaine devrais-je dire. Pour certains l’angoisse est tellement forte qu’ils refusent de se faire tester. D’autres à l’inverse, quand ils sont très jeunes, n’en mesurent pas les enjeux. Comme me l’expliquait un Papa récemment, lors d’un premier rv chez le psychologue, son très jeune fils avait pu profiter de la visite pour jouer avec passion aux petits robots. Lorsque le deuxième rv fut annoncé, ce jeune garçon était ravi de retourner chez le psychologue pour, selon ses projets, jouer à nouveau. Son attention fut alors très volatile lors de la passation des tests, il jetait des coups d’œil répétés vers les petits robots restés bien seuls, beaucoup plus attirée par cette promesse de jeu finalement manquée que par les exercices proposés alors. Conséquence, sur certains items les résultats obtenus ne sont guère exploitables, ils sont biaisés et peu significatifs. Alors, il est vrai que les personnes averties expliquent en amont ce à quoi correspondent ces tests afin de créer un climat propice à leur passation. Mais … certains ne le font pas toujours. Lorsque les tests sont faits dans des conditions optimum, il en ressort moultes informations qui sont autant d’indicateurs utiles pour conseiller le jeune sur sa façon d’aborder ses apprentissages. Ce qui est visé n’est donc pas de décrocher un score mais bien de voir se dessiner un profil et d’y trouver des pistes de solutions. Pour les adultes, les tests peuvent permettre de sortir d’un sentiment d’échec ou de permanent décalage. Le test n’est pas la seule voie pour mettre un nom sur ce qui singularise un fonctionnement. C’est une possibilité parmi beaucoup d’autres. Mais veillons, quand la décision s’impose, à en parler de manière claire et sécurisante. Nathalie C

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Billet N° 21

Billet N° 21

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? ? Cette semaine, lors d’une réunion de parents, j’ai encore constaté combien la douance était méconnue des représentants mêmes qui la composent. Echangeant avec un élève et sa Maman et après avoir fait le point sur sa scolarité, j’ai exprimé que j’avais repéré chez celui-ci un fonctionnement qui me faisait penser au haut potentiel. La Maman m’a confirmé que c’était effectivement le cas. Je fus surprise que la Maman n’ait rien dit mais elle m’a expliqué qu’elle n’en parlait pas car elle ne voulait pas le « stigmatiser ». Je respecte infiniment le choix de cette famille même si je ne suis pas du tout d’accord avec la démarche. Stigmatiser la différence :  évidemment que je comprends ce qui est refusé ici. Ne pas mettre une étiquette qui enferme, ne pas faire subir à l’enfant les conséquences d’un mot que l’on craint emprisonnant et dont on ne sait ce qu’il va attirer.   Mais en ne disant rien, ni à l’équipe enseignante, ni à l’entourage, ni à l’enfant lui-même, n’y a -t-il pas un écueil encore plus grand ? Celui de faire croire que cette singularité n’en est pas une et que l’on peut vivre bien dans ses baskets sans la prendre en compte. Ne parlons ici que de la personne concernée. Au moment où sont passés les tests, je vois beaucoup de familles qui témoignent, qu’une fois les résultats connus, le sujet n’est plus évoqué. Très nombreux me disent, « alors voilà, les tests confirment le haut potentiel et maintenant … ? » eh bien les tests passés ne marquent pas une fin mais plutôt un début. L’éclairage peut enfin se faire et l’acceptation est en chemin. Qui dit acceptation, dit possibilité d’en faire une composante de sa personnalité, composante connue donc valorisée dans ce qu’elle a de positif. Qui dit acceptation, dit possibilité de s’adapter aux autres car est enfin compris qu’il existe d’autres modes de fonctionnement. Qui dit acceptation, dit qu’il est envisageable d’en faire une force paisible, une force tranquille. (Pardon pour ce contexte campagne électorale années 80 ????) Il n’est ni question d’en faire un étendard pour le brandir afin d’excuser tel ou tel comportement, ou d’user d’un passe-droit, mais ni question non plus de le taire et d’en faire un tabou. Ce choix quand on est adulte relève de l’intime. Dois-je afficher à tous telle ou telle composante de ma personnalité ? Bien évidemment que non. Je fais ce choix d’adulte libre. Mais ne pas le dire à la personne concernée, faire comme si le test passé, tout était enfoui …pour n’y revenir que lorsque d’autres problèmes surgiront, s’avère souvent un fiasco. Quand les tests sont passés tôt, je pense qu’il est très utile d’aider son enfant à se construire en l’accompagnant au mieux pour qu’il intègre sereinement cette part de lui. Ne pas le dire à l’équipe enseignante peut se comprendre car j’entends encore des propos de collègues sur le sujet, je vois la frilosité de certains face à l’accélération, les lignes qu’ils rechignent à voir bouger. Alors certains parents se disent que c’est mieux de maintenir cette information en dehors de la sphère scolaire. Alors pourquoi pas si la scolarité se passe bien et que le jeune est content de ce qu’il vit à l’école. Dans le cas contraire, échanger et travailler ensemble me parait toujours la meilleure solution. Nathalie C

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Billet N° 20

Billet N° 20

Réenchanter l’école Dans son livre « Petite Poucette » Michel Serres montre combien nos sociétés ont changé avec le développement de la technologie numérique. Cette révolution conduit à des modifications essentielles et les jeunes générations se trouvent face à un défi de taille. Celui de tout réinventer. L’école et la pédagogie ont-elles suivi ? hum… faut-il que je répète la question ??? Les apprentissages faits à l’école ne représentent plus que 18% des connaissances apportées aux élèves sur un sujet. Le pourcentage restant, soit 82%, est nourri par Wikipédia, les réseaux sociaux, les vidéos … c’est-à-dire par l’internet et non par l’école. La transmission du savoir n’est plus verticale. L’accès à l’information est devenu majoritairement horizontal. Cela concerne tous les élèves, mais pour les élèves à haut potentiel, c’est une arme à double tranchant. Les opportunités, les possibles qu’offrent le net nourrissent leurs curiosités et leur soif d’apprendre. Apprendre ce que l’on veut, au rythme que l’on veut… avec en plus, le système des liens hypertextes reproduisant l’arborescence typique du mode de fonctionnement du haut potentiel. Telle idée me suggère cette question, et voilà tout naturellement le lien qui me permet d’ouvrir l’approfondissement dont je rêvais… Même l’usage des cookies qui amène à d’autres articles ou vidéos pouvant potentiellement plaire, parce qu’il a consulté telle ou telle page, répond à la curiosité du HP. Il y a 40 ans, le jeune HP pouvait feuilleter longuement l’encyclopédie s’arrêtant à l’envi sur telle ou telle illustration.  Mais même s’il s’agissait d’une encyclopédie en dix volumes, celle-ci était comme limitée… alors que la toile est infinie, enrichie en permanence, source inépuisable de … tout. C’est le top pour le haut potentiel. L’école face à cela a-t-elle modifié son approche pédagogique ? En France, le retard est énorme à la hauteur de l’ennui qu’il suscite. La crise du covid a montré aux élèves HP que finalement l’école à la maison était possible. Combien m’ont témoigné que ce fut une expérience géniale, que ce sont les meilleurs mois qu’ils ont récemment vécus. Être à la maison, avancer à son rythme, garder de grands moments où ils pouvaient jouer ou faire toute autre activité de loisirs… et ne pas avoir le stress de l’évaluation … qui dit mieux ? Certes pour certains les interactions sociales ont manqué ; mais beaucoup témoignent que grâce aux réseaux, ils échangeaient avec leurs camarades. Il y en a aussi qui rapportent qu’ils avaient enfin la paix. Plus besoin d’avoir peur, plus besoin d’être stressé par tel ou tel autre élève, fini le harcèlement sur la cour ou lors des pauses. Le retour en présentiel a alors été compliqué. Retour à un rythme qui n’est pas le sien. Retour aux échanges avec ses pairs, ceux-ci n’étant pas toujours dans la bienveillance. Retour devant un enseignant qui relève (pour certains, je sais, pas tous !) plus du hussard noir de la République que du Youtubeur branché, celui-là même qu’il suit avec avidité grâce aux écrans. C’est difficile et douloureux. Si l’on rajoute à cela, l’ambiance anxiogène liée à une pandémie qui n’en finit pas. Et dernière cerise sur le gâteau, une guerre qui vient de commencer à l’Est de l’Europe, on peut peut-être apporter un élément d’explications à la vague de ruptures scolaires enregistrées depuis septembre. Certes, en septembre, la guerre n’était pas engagée, mais les tensions étaient déjà extrêmes. Cela fait beaucoup, en tout cas beaucoup trop pour le cerveau et les émotions d’un haut potentiel. L’école devient donc un enfer. Y rester toute une journée devient impossible. L’ennui +++, les inquiétudes +++, les pensées parasites +++ Le cocktail est délétère et s’il advient alors un élément traumatisant ou un changement brutal, surgit alors la rupture scolaire ou le refus scolaire anxieux ou la phobie scolaire. Au choix … c’est la même chose. Sauf que l’idée de rupture scolaire est à mes yeux plus adéquate car cette réaction arrive sans crier gare auprès d’élèves qui, au demeurant, adorent apprendre et ne comprennent pas du tout ce qui leur tombe dessus. L’école est le catalyseur d’un mal diffus et profond à la fois. Le nombre d’élèves que j’ai vu craquer cette année depuis septembre est effrayant, il y en a de plus en plus et, de plus en plus jeunes. Pourtant certains enseignants adoptent des méthodes pédagogiques nouvelles car conscients de la situation, ils veulent faire bouger le mammouth. Mais ce dernier cille plutôt qu’il ne s’agite. En effet, la pandémie a gravement impacté les conditions de travail des enseignants en créant beaucoup de stress, des tâches supplémentaires et un travail toujours plus lourd. Alors, suivre des formations pour mieux accompagner les élèves à haut potentiel est devenu… comment dire ? c’est quoi le contraire de priorité … ? Nathalie C

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Billet N° 19

Billet N° 19

Naïveté quand tu nous tiens ! Croire ce que dit l’autre… Croire que l‘autre est sincère… Croire qu’il est animé des mêmes intentions que soi... Cette perception des relations peut amener déboires et déconvenues. Sauf que c’est souvent le mode opératoire des personnes à haut potentiel. Naïves qu’elles sont de penser que la personne en face est animée des mêmes valeurs que les siennes. C’est un des décalages qui peut amener à des quiproquos relationnels et de grandes souffrances. Cela conduit à des ressentis de trahison, à des déceptions énormes et la tentation du repli n’est pas loin. Les codes relationnels des HP sont spécifiques. Et même si le HP sait s’adapter, cela fait mal de constater que l’autre ne dit pas ce qu’il ressent, qu’il calcule ou pire qu’il manipule. Illustration avec l’exemple de notre activité liée à A2précoce. Quand nous avons commencé, j’ai cru très naïvement que nous serions aidées, soutenues par celles et ceux qui, déjà au contact des HP, trouveraient en notre approche un éclairage, une expérience, un complément utile à leur propre travail. Nous sommes en effet sur le terrain, auprès d’élèves que nous côtoyons tous les jours, que nous avons à cœur d’aider au mieux.  Alors oui, nous avons rencontré certaines personnes avec cette même vision : « elles ont les mains dans le cambouis » comme aime à le dire le Dc Olivier Revol en parlant de Catherine et moi, illustrant ainsi notre travail de terrain. Idem pour notre éditeur, M André Soutrenon qui a tout de suite suivi et qui a permis la publication de nos deux livres et de ma BD. Je leur adresse un immense MERCI d’avoir été ces soutiens, c’est infiniment précieux. Mais, et là, je ne citerai personne…combien d’égo, combien de pré carré ont été défendus bec et ongles pour ne pas …ne pas faire quoi d’ailleurs .. ??? Je pensais assez naïvement que les personnes engagées dans l’accompagnement du haut potentiel feraient tout pour créer ensemble, un tout actif et solidaire. Ne courons-nous pas tous pour la même cause ? eh bien, il faut se rendre à l’évidence, non.  Egarée que j’étais dans mon monde de bisounours. Pas de relai de notre activité, de nos publications sur certains sites pourtant sollicités, promesses non tenues... etc… Mais peut-être était-ce aussi par manque de temps ?… peu importe. La colère a disparu car cela remonte aujourd’hui à plusieurs années, mais surtout, parce que les retours des personnes que nous aidons confirment la qualité de notre travail. C’est l’essentiel. Mais ma vision bisounours du « on va tous travailler ensemble pour faire bouger les choses » a pris du plomb dans l’aile. Il en est de même sur une cour de récréation quand le soi-disant « camarade » profite de la candeur du HP pour soutirer certaines confidences utilisées ensuite contre lui pour mieux s’en moquer. Idem dans les relations amoureuses, amicales, professionnelles…  donner sa confiance naïvement se révèle alors parfois dramatique. C’est d’autant plus paradoxal que le lieu commun est de penser que grâce à sa perspicacité, le HP va déceler le coup fourré, sentir l’arnaque, repérer plus aisément le mensonge. Son intelligence et sa vivacité le permettent parfois, par exemple s’il se conditionne en mode « doute ». Mais trop souvent, la projection de son soi intérieur et de ses valeurs joue contre lui. Son éthique l’amène à croire que la sincérité et la loyauté sont partagées par son interlocuteur. Alors, oui, le besoin de sens et d’authenticité placent les échanges à un niveau d’attente très haut. C’est exigeant d’être vrai. Mais peut-on (ou veut-on) ???? faire autrement ? Nathalie C

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Billet N° 18

Billet N° 18

Perfection blues Le perfectionnisme est tout autant un moteur qu’un frein, mais, le rapport à la perfection des personnes à haut potentiel, jeunes ou moins jeunes, peut s’avérer complexe. Quand ce mot « perfection » est évoqué, il laisse parfois émerger des images agréables. Plongeons dans l’enfance avec les petites couturières de Cendrillon : je revois les oiseaux et souris qui confectionnent sa robe. Elles travaillent à la perfection ! Les rubans tombent parfaitement, les dentelles sont aériennes et la robe terminée est féérique. Kei Kobayashi, le K unique de la gastronomie française est aussi un perfectionniste, il propose dans son établissement une expérience culinaire basée sur une qualité irréprochable des produits et reconnait que travailler avec lui n’est pas aisé tant il est exigeant et surveille tout …pour que ce soit parfait. Bon nombre de cuisiniers sont dans cette recherche permanente de la qualité absolue. Et que c’est beau, et que c’est bon, les papilles s’envolent sous d’autres cieux qu’à la cantine. Les exemples dans les domaines culturelles, techniques, scientifiques sont infinis, et, on le voit, sont moteur pour se surpasser et donner le meilleur. Cet absolu est souvent visé par les hauts potentiels. Ils ont conscience de ce qu’ils voudraient atteindre, de ce qu’ils pourraient atteindre. Cela se traduit par un investissement travail qu’ils veulent irréprochable, acharnés qu’ils sont à vouloir produire quelque chose de beau. Encore faut-il cependant que ce beau soit atteignable à leurs yeux. Car s’il ne l’est pas, ou s’ils croient qu’il ne l’est plus, eh bien ils préfèrent abandonner et ne plus se battre. Surgissent alors les « à-quoi-bon » ! A-quoi-bon m’appliquer encore puisque c’est raté !? A-quoi-bon persévérer puisque je vois que je n’y arrive pas, enfin pas à la hauteur de l’objectif que je m’étais fixé !? Ces gâteaux sont moins jolis que ce que je ne me suis appliqué à les faire, eh bien, je vais les malmener un peu, il n’y a plus aucun effort possible, l’action engagée vise alors à abîmer, à casser, afin d’aboutir à un résultat tout moche… le plus moche possible, à la hauteur du moche de ce que cela aurait pu être parfait. Tant qu’à rater, autant rater avec panache. Quand ce ne sont que des gâteaux, ce n’est pas trop lourd de conséquences. Mais si nous rapprochons cela du travail scolaire, cela peut devenir catastrophique. « Je n’y comprends rien en … (choisissez …maths, SVT, physique …) eh bien, cela ne sert à rien que je travaille puisque c’est fichu de toute façon ». Alors, l’élève laisse tomber. Plus d’investissement, ou alors le minimum. Les résultats restent bas et cela conforte l’élève HP dans son choix de ne rien faire ou de faire le minimum. Il y aussi le perfectionniste, souvent « la perfectionniste » d’ailleurs, qui se donne à fond dans son travail scolaire et qui, à l’inverse, obtient des notes très élevées. Alors, comme on aimerait voir des sourires, de la satisfaction, de la fierté face au travail réussi. Cela arrive heureusement. Mais il y en a beaucoup qui ne voit que ce qui n’a pas été atteint, les petits points qui manquent et qui donnent un 16 bien décevant. Le 19 même peut être très frustrant. Je crois cependant que le blues du perfectionniste pourrait évoluer vers un morceau moins déchirant. Viser la perfection, viser l’excellence, certes, si cela met en mouvement, si cela donne l’envie, celle de faire de son mieux mais à condition de se détacher résolument du jugement sévère que les yeux critiques du haut potentiel posent sur le résultat obtenu.  Le but est d’observer avec lucidité ce qui est réussi, ce qui est beau, ainsi que ce qui est encore perfectible. La lucidité fait ici parfois défaut pour n’éclairer que le négatif. Adopter de nouvelles méthodes de travail, faire oui mais « faire autrement », accepter que la perfection ne soit pas là tout de suite mais qu’elle est le but visé …tout cela aide à gagner en confiance et sérénité. Réaliser aussi que l’imperfection a du bon. La singularité d’une voix comme celle de Taj Mahal, avec ce léger voile qui s’accentue au fil des années, rend son blues encore plus touchant, encore plus vibrant…la petite note bleue varie en fonction de son inspiration et de sa volonté de créer une dissonance. Parfait, il l’est, dans son imperfection. Nathalie C.

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Billet N° 17

Billet N° 17

Célébrons le printemps en janvier … La situation est complexe mais je suis animée d’une fougue que je ne saurais refréner. Alors, j’aimerais apporter ma modeste contribution au contexte ambiant. Non, il ne s’agit pas de proposer de nouvelles méthodes pédagogiques permettant d’intéresser tous les élèves. Méthodes permettant à tous de réussir. Tous, c’est-à-dire ceux qui sont présents, ceux qui ont des besoins spécifiques, ceux qui sont absents car cas contacts, ceux qui sont absents car malades, ceux qui reviennent, ceux qui repartent … bref tout le monde. Non, ce n’est pas dans ce domaine. Non, il ne s’agit pas non plus de proposer une nouvelle organisation du bac. Depuis la réforme proposée par mon cher ministre, l’examen ne s’est jamais passé tel qu’il a été inventé et pensé. Epreuves annulées, épreuves supprimées, épreuves reportées … non, je laisse l’inventivité sur ce sujet s’exprimer depuis les instances ministérielles. Mon approche est beaucoup plus pragmatique et concerne le calendrier scolaire. Certes, celui de l’année 2021-22 est déjà largement calé, presque déjà entièrement consommé ; celui de 2022-23 est déjà établi et même certainement ceux des 10 années à venir. Mais justement. Les élèves à haut potentiel ont un rapport à l’école qui imposerait de modifier ce calendrier. Beaucoup d’élèves à haut potentiel commencent l’année sereins et ils y vont à fond. Découvertes de nouveaux enseignants, de nouveaux programmes. Le rythme change, ils sont curieux et ont soif d’apprendre … Mais plus ou moins vite, et souvent très très vite, le fonctionnement de l’enseignant est capté. Ses méthodes, ses points forts et fragilités sont synthétisés, car passés au scalpel… alors finie la surprise. La découverte de nouveaux programmes laisse peu à peu la place à l’ennui qui envahit bon nombre d’élèves HP car le rythme ne leur correspond souvent pas. Pour peu qu’ils soient confrontés à des méthodes qui conduisent à des nombreuses répétitions, x exercices à faire et à refaire, cela s’aggrave. Alors très clairement, pour une majorité d’entre eux, l’année scolaire est trop longue. L’idée serait de faire une année à durée variable. Certains tiennent jusqu’à Noël, d’autres peuvent encore donner le change quelques semaines ou quelques mois…mais que c’est difficile. Les regards s’éteignent, la participation s’étiole, les sourires disparaissent. Les masques n’empêchent pas de deviner un œil rieur ou non. Et en ce moment, ça rigole moyen, moyen. Certains vont même jusqu’à somatiser et développent des pathologies qui les éloignent un temps des bancs de l’école. Alors, une année plus courte, une année à géométrie variable en quelque sorte. C’est ce que l’on fait avec les accélérations, c’est-à-dire les sauts de classe ou les décloisonnements. N’hésitons pas à proposer ces solutions car je crains que mon idée d’année scolaire arrêtée à Noël ne soit pas bien comprise ???? et ne soit enterrée sous d’épais dossiers. Une mise en œuvre collective du saut de classe, une réflexion à plusieurs sur un passage progressif et bien accompagné, c’est proposé un second souffle indispensable et salvateur. Ne soyons pas trop frileux pour les envisager quand cela s’impose. Alors une même année pourrait compter plusieurs printemps… Nathalie C

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Billet N° 16

Billet N° 16

Le plus difficile est de commencer. Eh oui, car si l’on s’en réfère à l’engagement intérieur, on mesure la distance, on évalue le trajet futur et cela peut franchement calmer les ardeurs. Le frein est bien évidement la peur de ne parvenir à garder le rythme. Fiodor Dostoïevski, Virginia Woolf se doutaient-ils lorsqu’ils se mirent à écrire, du volume que produiraient leur œuvre ? Brassens mesurait-il qu’il ne lèguerait pas moins de 150 chansons ? Nabila qu’elle produirait 300 Millions de Tweet ? Mais je m’égare. Je m’égare d’autant plus que je ne souhaite en aucun cas me comparer à eux, je ne prétends ni avoir leur talent, ni avoir le désir d’écrire des romans, des chansons, ni de toucher 2000 euros pour un Tweet promotionnel, non. Je souhaite par quelques modestes chroniques partager quelques instants vécus avec mes chères et mes chers hauts potentiels. Alors, je me lance. Pour cette première, je souhaiterais partager avec vous l’immense bonheur que peuvent nous apporter nos élèves. Le bonheur est d’autant plus grand que l’investissement bienveillance que nous avons placé sur eux a été conséquent. Très dernièrement il m’a été donné de vivre un moment précieux. Un jeune garçon à haut potentiel alors lycéen avait, il y a quelques années, manifesté de moultes manières son désintérêt pour l’école. Je respecterai l’anonymat et vais le nommer Flavien. Il était l’illustration parfaite de l’élève retord. Remise en question systématique des contraintes, provocations plus ou moins réussies, surtout envers les enseignants évalués par lui-même comme incompétents, passages fréquents dans le bureau du responsable du lycée pour réexaminer encore et encore la pertinence de la poursuite de ses études. En même temps, Flavien était un élève curieux, actif en classe, participant de manière pertinente et montrant son esprit critique dés qu’il en avait l’occasion. La régularité dans le travail était compliquée et il a fallu un soutien collectif, une attention de tous les instants pour l’amener à conclure avec succès ses années lycée. Et puis comme beaucoup d’élèves, Flavien est parti ensuite faire des études supérieures, et j’ai perdu sa trace. Tout dernièrement cependant, alors que j’arrivais vers la sortie du lycée, je vois une grande silhouette et j’entends une voix que je reconnais qui dit : « ah, voilà quelqu’un que je voulais voir ! » Quelques minutes me furent nécessaires pour le reconnaître vraiment car son passage dans le lycée datait quand même de plusieurs années. Flavien, tout sourire, m’a alors expliqué son parcours, formation en France puis au Canada. Puis, soudainement, ouvrant rapidement sa pochette, il m’a montré avec une fierté bien compréhensible, son diplôme obtenu. Il me l’a présenté en me remerciant vivement, parce que, selon lui, j’y étais pour quelque chose ! J’ai su ensuite qu’il avait eu l’élégance de le faire avec tous les acteurs-clefs de sa scolarité, ceux qui ont su l’aider à traverser ses années difficiles. Quel bonheur ! Bonheur de mesurer le chemin parcouru ! Eberlué qu’il fût lui-même de devoir se muer en enseignant pendant une partie de son parcours !!! « Vous vous rendez compte, moi, prof ! » me disait-il ! Je suis certaine qu’il a dû transmettre à son public un savoir de manière passionnante. Je remercie encore Flavien d’être venu jusqu’à nous, équipe d’enseignants qui l’a aidé, accompagné et soutenu quand il était en difficulté. Il m’a donné le sourire pour tout le reste de la journée, de la semaine … et peut-être davantage encore. Nathalie Chardon

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Billet n°15

Billet n°15

La gentillesse des hauts potentiels…atout ou… atout ? Beaucoup de personne à hauts potentiels sont de vrais gentils. C’est à dire des personnes qui sont résolument tournées vers l’aide de leur prochain.  Pourquoi ? Encore une fois, le fait qu’ils soient beaucoup dans l’empathie, le fait d’avoir des capsules sensorielles qui permettent de bien sentir l’autre amène à ce que, ce qui arrive à une tierce personne, ne soit pas « sans importance » aux yeux de la personne HP. Si l’on rajoute à cela, la volonté de donner du sens à sa vie, la soif éperdue d’idéal et un sens de l’éthique à toute épreuve, il est aisé de comprendre que l’autre représente un centre d’intérêt évident. Cela a moult avantages. Et je m’entends souvent exprimer aux personnes que j’accompagne, que c’est un énorme point positif pour eux que d’être attentif à l’autre, à ce qu’il ressent, à ce qu’il pense... qu’il est utile d’en tenir compte pour une bonne relation ; c’est indispensable. Mais de toute façon, une personne HP ne peut agir autrement. Et cela s’accompagne le plus souvent d’une extrême bienveillance. L’autre est important aux yeux du haut potentiel et il va tout faire pour l’aider … d’où cette gentillesse. Mais le mot est-il juste ? Ne s’agit-il pas de crédibilité, d’une certaine  naïveté qui consiste à croire que l’autre est forcément animé des mêmes intentions que soi … à savoir aider, comprendre, soutenir, faire avancer vers un mieux….C’est ce que l’on peut nommer de la gentillesse. « Je voudrais l’aider car je vois qu’il est en difficulté » Beaucoup de personnes avec qui je travaille sont dans cette démarche. Alors, la personne HP donne tout ce qu’elle peut. Mais le fait d’être gentil, c’est-à-dire respecter  son éthique, ses valeurs, ses codes d’honneur amène à une croyance qui peut s’avérer dangereuse : l’autre a forcément les mêmes codes d’honneur que soi. Et de là surviennent des erreurs qui s’avèrent parfois dramatiques. C’est pourquoi il est possible d’y voir une forme de naïveté. La personne HP n’envisage pas que l’autre puisse être dans la manipulation, elle ne l’est tellement pas elle –même qu’elle projette sur l’autre les mêmes intentions que ce qu’elle ressent profondément. Cela en fait des proies toutes trouvées pour des personnes malveillantes qui sentent ce qu’elles peuvent en retirer. Cela crée aussi bon nombre de désillusions lorsque face à des expériences douloureuses, le HP se rend compte qu’il n’évolue pas dans une monde où « tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil »… un monde de « bisounours » … et le nombre d’années n’y fait rien. Je rencontre des personnes largement adultes qui sont encore dans ce schéma-là… Alors que faire ? Apprendre à écouter son ressenti et s’ouvrir en  bienveillance aux personnes qui en valent vraiment la peine. S’ils se connectent à leurs antennes, les hauts potentiels sont excellentes pour sentir cela. Les autres ? S’en protéger à tout prix, mettre des barrières, des limites … Ce qui ne veut pas dire se blinder en se méfiant de tout le monde. Mais dire stop lorsque l’attitude de l’autre n’est pas respectueuse de nos valeurs. Il est regrettable que la gentillesse ne soit pas plus valorisée aujourd’hui car je reste persuadée que l’attention portée à l’autre en conscience est la clef d’une société plus épanouie.

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Billet n° 14

Billet n° 14

Haut potentiel phénomène de mode ? J’entends  encore ici ou là que nous en faisons trop avec la précocité parce que ce serait le phénomène à la mode en ce moment.  Ainsi comme tout phénomène de  mode, la focalisation entraînée serait  négative car outrancière. Ainsi comme toute mode, il n’y aurait qu’à espérer que ce soit éphémère … Phénomène de mode…. Cette spécificité longtemps cachée et  incomprise est maintenant mieux cernée. Le voile se lève sur cette différence invisible. Et pour certains, c’est trop. Lorsque ces critiques viennent du corps professoral, même si je le regrette profondément, je peux trouver des explications rationnelles : en enseignant en poste  aujourd’hui peut avoir traversé toutes ses formations sans jamais avoir entendu parler de prise en charge des élèves  à haut potentiel. Certes cela bouge mais certains sont encore en dehors de cette connaissance. Mais quand cela vient de psychologues qui sont là pour accompagner et aider, alors là, les forces ont tendance à me manquer. Et la colère n’est pas loin… Est-ce parce qu’on parle beaucoup de quelque chose que c’est forcément néfaste ? Trouble ? À mettre en doute parce que devant susciter de  la méfiance? Que disent ces mêmes personnes aujourd’hui devant la parole qui se libère sur d’autres sujets longtemps tus ? Qu’on en fait trop ? … Rappelons que lorsque quelque chose a longtemps été enfouie et qu’il se révèle au grand jour, la tendance est parfois à un excès. Ce n’est pas une métaphore très poétique mais elle parle à tout le monde : c’est l’effet cocotte-minute ! Contenue pendant des années, dans la méconnaissance ou les préjugés,  la douance a tendance aujourd’hui à faire parler d ‘elle. ET nous ne pouvons que nous en réjouir ! Tant mieux si cela occupe le devant de la scène. Et même si parfois c’est beaucoup, ce n’est jamais trop. L’effet balancier permettra dans quelques temps de trouver la juste mesure. Mais que ceux qui continuent de nier s’inquiètent. Parce que tant qu’ils sont dans le déni, ils ralentissent le moment où nous arriverons à un juste équilibre. Espérons donc que ce ne soit pas une mode Mais une étape dans la juste volonté de briser le silence et de laisser la place à l’expression de cette particularité.

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Billet n° 13

Billet n° 13

En réponse à la négation de la précocité intellectuelle que l’on peut entendre ici et là…encore ! Etape numéro écouter cela : https://www.youtube.com/watch?v=DpzRONla_RU Ou comment entendre un monsieur, au demeurant fort intelligent, exposer un grand nombre de sottises…ou contrevérités, restons politiquement correct !! Cette interview date de 2010 mais elle est encore diffusée auprès d’enfants, dans les classes, par des professeurs dont on peut imaginer qu’ils veulent transmettre un discours positif : à savoir que tout le monde peut apprendre ! Bien, soit … On pourrait aussi imaginer d’autres intentions plus négatives, mais n’allons pas jusque-là. Sauf que, quand on est un élève à haut potentiel, un EIP, et que l’on entend ce discours, cela fait des ravages. Une telle négation quand on a soit même du mal à accepter sa précocité …parce qu’on vient de le découvrir, ou parce qu’on a des difficultés scolaires …et bien ce discours est absolument dramatique. Alors, afin de répondre de manière scientifique voici une courte vidéo du professeur Michel HABIB. Et pour ceux qui voudraient en garder une trace écrite en voici l’essentiel ci-dessous. http://www.dailymotion.com/video/xile2b Pr Habib rappelle que l’on peut utiliser trois méthodes pour observer le cerveau : L’électro encéphalogramme L’IRM fonctionnel L’IRM morphologique   La méthode de l’électro encéphalogramme montre que le cerveau d’une personne HP fonctionne de manière plus cohérente c’est-à-dire  que les différentes parties du cerveau sont plus en relation les unes  avec les autres. Ceci a été mis en relation avec l’idée que l’intelligence de l’enfant HP est qualitativement différente, notamment avec l’intelligence en arborescence alors que l‘intelligence e standard est plus séquentielle. L’IRM fonctionnel a montré que c’était seules certaines zones du cerveau diffèrent de manière significative entre un HPI et une personne non HPI. Deux zones sont surtout très impliquées dans le traitement d’une tâche complexe, à savoir la zone frontale et la zone pariétale Des études ont comparé des  personnes avec QI > à 130 et des personnes avec un Qi < à 130. Cette approche permet de comparer deux types de populations : on voit alors que les zones qui différent  dans le traitement d’une tâche, sont  la zone frontale et la zone pariétale Ainsi il ne s’agit pas d’une particularité différente globale du cerveau mais bien d’une accentuation du fonctionnement de certaines zones, spécialement le cortex frontal et pariétal. Avec imagerie traditionnelle morphologique, c’est à dire dans la structure même du cerveau, la substance blanche peut être évaluée de manière fine (méthode DTI) . Avec comparaison entre deux groupes de population, on a pu montrer aussi que l’organisation de ces fibres est quelque peu différente chez les précoces. Ils ont une plus riche connectivité entre les différentes zones du cerveau et tout particulièrement  dans les parties de substance blanche qui unissent le lobe pariétal et le lobe frontal. On voit ici une fois de plus le lien plus efficace entre deux zones crucial du cerveau. Grâce à des études faites dans une même famille, il a été montré que ceux qui ont une particularité de fonctionnement et par exemple des difficultés d’apprentissage, ont un cerveau qui est morphologiquement différent de ceux, à l’intérieur de la même famille, qui n’ont pas ces particularités-là. Grâce à une étude faite par le docteur Marie-Noelle Magnier  (CHU Pasteur Nice) avec l’Electro encéphalogramme, sur les personnes HP qui ont un profil homogène et sur celles qui ont un profil hétérogène, il a été montré que le fonctionnement électrique du cerveau est différent. Les profils hétérogènes se reposent plus sur leur hémisphère droit alors que les profils homogènes ont plus un équilibre entre hémisphère droit et gauche.   Selon le Pr Habib, ces méthodes d’imagerie cérébrale, sont encore sous-utilisées, mais sont prometteuses pour la compréhension future de la « précocité intellectuelle ».

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Billet n°12

Billet n°12

15 août 2017 « Apprentissage branché » Même si nos enfants à haut potentiel sentent déjà les frémissements de la rentrée, ce sont encore les vacances, le farniente, le temps pour soi, alors on ne va pas déjà parler de l’école. Nos enfants HP ont envie d’être stimulés dans leur tête. Les jeux sportifs, les balades sont formidables mais il faut bien faire face aux après-midi pluvieuses et aux longues soirées,  trouver des activités ludiques et agréablement intelligentes. Plusieurs sites sur la toile existent pour donner à «  manger «  à nos gourmands. Pour les amoureux de l’histoire et je les sais nombreux, la chaîne Télécrayon est très intéressante. Exemple ici la course à l’espace : https://www.youtube.com/watch?v=I5I6MsbE2cE Il y a d’autres thèmes, crise de Suez, élections présidentielles …etc. La chaîne e-penser animée par  Bruce Benamran  est une mine pour les esprits scientifiques. Le ton est justement décalé pour diffuser de manière pertinente un contenu précis et très varié. Pour la physique …par exemple  sur l’ampère : https://www.youtube.com/watch?v=P8zXHQnuD6k Sur Aristote  https://www.youtube.com/watch?v=ka_6pfbpnPM Juste pour terminer, et pour décrypter l’actualité, la chaîne d’Hugo qui reprend des faits d’actualité récents et qu’il commente et explique. Exemple sur le transfert du joueur Neymar :  https://www.instagram.com/hugodecrypte/ L’intérêt de ces chaînes est multiple : diversité des sujets, le contenu passionnant et drôle, les formats sont plutôt courts et adaptés à des cerveaux qui ont envie que ça aille vite !! Bref, pour nos petites têtes blondes c’est une mine ! Et pour les parents curieux c’est idem ! Belles découvertes à tous !   Nathalie Chardon

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Billet n° 11

Billet n° 11

Connais-toi, toi-même ! La précocité est mal connue, encore ! Certes les choses avancent. Les enseignants et les parents cernent de mieux en mieux la réalité de la situation grâce à leurs lectures, grâce aux formations qu’ils suivent.  Mais qu’en est-il des jeunes eux –mêmes ? Que connaissent-ils de leur fonctionnement ? Animant des ateliers avec de jeunes à haut potentiel, j’ai eu hier une prise de conscience à tomber par terre. Invités à exprimer leurs émotions, leurs ressentis face à telle ou telle situation, les jeunes que j’avais avec moi se sont questionnés sur l’affirmation suivante : « Un prof dit que lorsqu’un élève est surdoué, il doit avoir de bonnes notes ». Plusieurs des enfants présents, collégiens et lycéens ont alors dit que cela les mettait en colère. Et je les comprends ! Rappel : un tiers des enfants à haut potentiel est en échec scolaire. Un tiers des enfants HP , ceux qui ont pourtant des atouts, des dons, une intelligence pleine de ressources, ne réussit pas à l’école. Et certains vont loin dans l’échec : phobie, somatisations …du lourd. Je m’attendais à ce que les sentiments exprimés par les jeunes soient colère, mécontentement… qu’ils expriment leur incompréhension devant les enseignants qui continuent de montrer qu’ils ne savent pas ce qu’ils devraient pourtant savoir … et puis, j’ai entendu exprimer le mot « honte ». J’ai d’abord cru que le jeune qui disait cela, avait honte pour le prof : « comment peut-il dire une telle bêtise ? J’ai comme honte pour lui ». Non, non. Le jeune voulait dire qu’il avait honte de lui-même et de ses résultats parce que lui, haut potentiel, n’a pas tout le temps de bonnes notes. Et un autre de rajouter qu’il ressentait la même chose … Autrement dit, lorsqu’ un enseignant exprime encore ce préjugé qu’on a tant de mal à faire disparaitre, à savoir que le haut potentiel devrait donner uniquement des premiers de la classe, l’enfant n’entend pas que c’est une absurdité. Il se remet en question lui-même en se sentant très mal, honteux lui de ne pas y arriver ! Alors peut-être que cet élève sait qu’il ne fait pas son maximum, peut être reconnait-il par cela qu’il ne se donne pas complètement à son travail…peut être. Les jeunes que j’avais avec moi en atelier ne sont pas dans ce cas : ils travaillent, font leur maximum mais n’y arrivent pas à la hauteur de leurs attentes. Alors quelle est la responsabilité des enseignants et des parents dans cette histoire ? IMMENSE … C’est à nous, parents, profs d’expliquer encore et encore aux jeunes HP eux-mêmes comment ils fonctionnent, pourquoi malgré leur formidable potentiel ils n’arrivent pas toujours à avoir de bons résultats. D’autant que quand les camarades de classes savant qu’un des leurs est HP, ils en remettent une couche ? « Comment cela se fait que tu as eu que 12 ? t’as même pas besoin d’apprendre toi…t’es un surdoué !! » Expliquer pourquoi c’est difficile d’être à haut potentiel et en même temps pourquoi c’est formidable ! Expliquer comment faire quand l’enfant rencontre une difficulté afin de la contourner et de laisser s’exprimer alors tout son potentiel. Donner des outils, partager des méthodes … aider à mieux connaître sa précocité. Connais-toi, toi-même … "N'est-il pas évident, cher Xénophon, dit Socrate, que les hommes ne sont jamais plus heureux que lorsqu'ils se connaissent eux-mêmes, ni plus malheureux que lorsqu'ils se trompent sur leur propre compte ?». En effet, ceux qui se connaissent sont instruits de ce qui leur convient et distinguent les choses dont ils sont capables ou non. Si un élève sait que sa précocité peut provoquer telle ou telle difficulté, au lieu de perdre son assurance, au lieu de se décourager, il pourra, si on l’accompagne à cela, reprendre le chemin de la confiance en soi et du plaisir d’apprendre.   Alors lâchez la honte chers élèves HP qui parfois n’arrivez pas à obtenir de bonnes notes ! Ok pour la remise en question si c’est pour analyser si telle ou telle chose peut être améliorée, mais pas de honte ! La précocité est parfois (souvent ?) « embarrassante » et c’est votre fonctionnement atypique qui vous entraîne parfois sur la pente des mauvais résultats. Ne laissez personne vous faire croire le contraire !

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Billet n° 10

Billet n° 10

De la suradaptation à la négation   Le jeune à haut potentiel qu’il ait validé ou non par un test son surdouement, doit apprendre à vivre avec quelque chose qui souvent l’encombre. Ses capacités hors norme ne facilitent pas sa vie à tous les coups : difficultés scolaires dans bien des cas, problèmes relationnels qui créent des tensions et/ou un isolement. Baudelaire a vu juste lorsqu’il évoque les ailes de géants de l’albatros qui l’empêchent de marcher… Etre trop dans tout crée bien des situations délicates. Beaucoup de hauts potentiels cherchent alors à s’adapter. Ils taisent leurs idées originales pour rentrer dans le moule ; Ils adoptent la tenue vestimentaire passe-partout pour ne pas se faire remarquer, ils abandonnent leurs goûts pour les activités atypiques afin d’être le plus parfaitement transparents.  Quel gâchis ! L’adaptation est certes une qualité, c’est ce qui permet de faire « avec » l’autre, de composer et d’être dans la logique de l’échange. Mais encore faut-il que celui-ci soit constructif. Trop souvent, d’adaptation le HP passe à suradaptation : cela demande un effort épuisant au jeune pendant toute sa journée  de faire « comme si ». Faire « comme s’il » n’avait pas de questions insolites à poser en classe (et cela suppose une analyse permanente de ce qui est insolite aux yeux des autres ou pas) ; faire comme si les sujets de conversation des camarades de la cour l’intéressaient, faire « comme tout le monde », faire surtout comme ceux qui sont « populaires et qui sont acceptés par le groupe. Cette suradaptation est épuisante car elle suppose une vigilance de tous les instants (sans être assuré qu’à un moment ou un autre, le naturel ne resurgisse au détour d’une remarque anodine) ; cela est fatiguant aussi sur un plan émotionnel car le jeune ne laisse pas voir qui il est vraiment. Il en souffre mais c’est l’effort à payer à ses yeux pour être accepté, donc parfois invité, pour avoir des amis… De la suradaptation à la négation, la limite est ténue. Certains croient (ou veulent croire) qu’en oubliant qui ils sont, ils seront plus heureux. Alors ils oublient leurs talents, ils gomment toutes spécificités physiques (jusqu’à même s’enlaidir), ils adoptent le comportement de la moyenne … ils ne sont plus hors norme, ils sont comme ceux qu’ils croisent et qu’ils pensent être dans la norme. Est-ce le secret du bonheur ? C’est tout du moins le chemin pris par certains pour réussir leur intégration au groupe. Le jeune HP, surtout s’il a souffert d’isolement dans son enfance, pense qu’il a trouvé une magnifique porte de sortie ! Des amis, des copains, la popularité ! Cela ne dure malheureusement pas car au fond de lui, le jeune adulte doué ou l’adulte doué sent qu’il y a quelque chose qui n’est pas respecté, quelque chose qui n’est pas nourri. Cela provoque bien des souffrances, bien des malaises, bien des dépressions. S’accepter tel que l’on EST dans toutes ses dimensions, voilà le défi d’adaptation de soi à soi que chacun a à relever. S’accepter dans sa DIFFERENCE, dans ses TALENTS sans rogner ce qui fait justement son altérité. Prendre confiance en soi et en ses capacités pour que le regard de l’autre ne décide en rien de qui l’on est.   Voilà le défi … et c’est parfois le cheminement de toute une vie.

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Billet n° 9

Billet n° 9

Cela approche à grand pas…le jour J…le moment où il faut reprendre le chemin de l’école ! Et ça se complique ou pas dans la tête des HP. Hier, petit échange avec un ado haut perché « tu reprends bientôt, alors ? En première scientifique comme tu voulais ? » « Euh …je ne sais pas » Ses parents consternés… « Martin, tu sais bien quand même, tu sais qu’il faut aller chercher les livres qu’on a payés, ta carte de cantine ? Ouh ouh ?? » « Euh, (rire gêné) mais c’est bientôt ? » OUPS ! Joli déni s’il en est.   La plus jeune « Et toi ? Quel ressenti avant d’y retourner ? » Tête désespérée … « Je n’ai pas envie du tout » « Mais tu vas peut-être retrouver des copines, des copains,  des personnes que tu aimes bien ? « Non, justement, je n’ai pas envie du tout de retrouver mes ‘camarades’ de classes » Re-OUPS ! Pas facile, facile de reprendre le chemin de l’école. Et côté prof ? Certains n’ont pas envie « de quitter les vacances », d’autres sont angoissés, stressés, d’autres disent ne pas avoir envie… (ok,ok,  j’imagine d’ici certains commentaires,  d’autres sont ravis ;) super !) Mais globalement, les retours que j’entends ne sont pas très positifs. Comment cela peut-il marcher ? Je veux dire, comment peut-on donner envie aux élèves d’être là si les profs, non plus, n’ont pas envie à 100% ? Et comment les élèves peuvent –ils stimuler les enseignants d’y retourner si l’on sait à quel point la rentrée est dure pour eux? A-t-on jamais « pas envie » de faire quelque chose qu’on adore ? Je ne crois pas.   Alors, c’est pourquoi, de l’intérieur, sans attendre toujours la réforme génialissime, il me semble indispensable de changer les choses ! Changer notre regard, proposer de nouvelles méthodes, s’ouvrir à évoluer vers un « mieux enseigner » ou un « enseigner autrement » ...pour que la rencontre élèves-enseignant soit « un jour de fête » !

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Billet n° 8

Billet n° 8

Petite réflexion du jour sur la manipulation et les hauts potentiels. Encore une fois, ils sont des victimes idéales, des proies qui tombent plus facilement sous l’emprise des manipulateurs. Qu’est-ce qu’un manipulateur? Une personne qui se sert des autres pour arriver à ses fins, pour obtenir des avantages et des bénéfices personnels. Le manipulateur narcissique ramène tout à lui et recherche le pouvoir. Pourquoi  les HP sont-ils des pâtures idéales? La blessure qu’ils ont tout au fond d’eux se trouve comblée, pour un temps refermée et comme soignée par ce que leur apporte le manipulateur. Que celui-ci joue sur la corde sensible …et les voilà transformés en Saint Bernard, sauveur de l’humanité. Comment pourrait-il laisser un pauvre petit être souffrant sur le bord de la route ? Eux –même ont tellement souffert déjà…ils savent les mots qui réconfortent …ils savent la souffrance endurée grâce à leur colossale empathie… Et le manipulateur fait croire au HP qu’il est le seul capable de le sauver. Que celui-ci joue sur le chantage affectif … ils ont enfin quelqu’un qui les aime …et qui semble les aimer vraiment. Alors, ils se fondent dans ce délicieux sentiment d’être enfin aimé et compris…Le HP a certainement déjà bien assez souffert d’être incompris, de ne pas avoir d’ami(e)s, alors avoir enfin quelqu’un pour qui on compte …c’est trop magnifique ! Il faut le garder, il le faut absolument ! Que le manipulateur joue sur la flatterie que cela apporte au HP est un autre stratagème. Enfin, quelqu’un qui est beau, brillant, intelligent … (ou toute autre qualité ‘brillante’ aux yeux du HP fera l’affaire..) leur confirme (enfin !) leur propre valeur. Alors, le HP se sent  apprécié pour un peu plus que ce qu’il se croit être au fond de lui. Les compliments vont bon train et cette pommade les endort complètement. C’est bien cette blessure interne, cette image dégradée d’eux-mêmes,  qui les rend plus vulnérable à la manipulation et en fait des proies idéales. Alors la stratégie est toujours la même… Tout d’abord, le manipulateur cherche à isoler sa proie de manière à la contrôler plus facilement. Isoler un HP est plus facile  tant celui - ci a peu d’amis. Il a bien une famille, oui,  mais cela peut aller jusqu’à l’isoler de sa famille. Le HP va laisser faire. Avec ces phrases magnifiques … « mais de toutes façons, ceux qui n’acceptent pas ...untel  ou unetelle … ne le (ou la) mérite pas, alors tant pis, je ne les vois plus ». Le pervers narcissique dénigre pour mieux se faire valoir et  le plus souvent sans témoin. En même temps, le manipulateur cherche à tournebouler le cerveau du HP, à le renverser comme un crêpe pour l’empêcher de réfléchir rationnellement. Et plus c’est gros, plus ça marche ! Des promesses plus folles les unes que les autres sont faites …des solutions miracles … Comment se fait-il que l’intelligence du HP ne les alerte pas alors ? Leur formidable intelligence ? Et bien justement, celle-ci joue contre eux cette fois-ci. Eux qui ont un fonctionnement atypique acceptent parfois des solutions qui paraissent folles parce que justement, on leur a tellement dit maintes fois que leurs propres propositions étaient dingues, que si pour une fois, c’est quelqu’un d’autre qu’eux qui en exprime, les rassure quelque part. Et ils gobent n’importe quoi sans problème. Et le manipulateur distille son venin, ses mensonges et tisse sa toile… Et la personne à haut potentiel, enfant, adolescent ou adulte …tombe dans le piège qui se referme sur elle inexorablement. Et plus la personne à haut potentiel est solaire, plus le manipulateur va se trouver attirer par elle, …comme pour mieux s’en nourrir. Que faire face à cela ? Et bien c’est là que c’est difficile. Parce que tant que celui qui est manipulé ne s’en rend pas compte, il n’y a pas grand-chose à faire.  Si vous abordez le sujet frontalement avec la personne manipulée pour la mettre en garde, vous risquez d’abattre des cartes qui seront utilisées contre vous plus tard. Vous risquez de conforter l’idée d’incompréhension et de victimisation. Cela risque d’enfermer la victime et son bourreau encore un peu plus dans leurs relations devenues exclusives… Si vous êtes spectateur  de cette relation –poison : la solution est d’être là quand les yeux du HP manipulé vont s’ouvrir…parce qu’ils s’ouvrent à un moment ou un autre…en espérant que les dégâts provoqués ne soient pas irréversibles. Favoriser, consolider la confiance en lui du HP, l’aider à se connecter à ses ressentis profonds, ceux qui ne trompent pas et qu’il n’ose pas ou plus solliciter parce qu’ils lui indiquent le contraire que ce que sa tête lui dicte de faire. Et si vous vous reconnaissez dans le descriptif ci-dessus, n’hésitez pas à en parler à une tierce personne, prendre du recul permet souvent d’y voir plus clair.   Dans tous les cas, rester vigilant parce que cela peut arriver à tout le monde…

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Billet n°7

Billet n°7

Réforme du collège : une vraie fausse bonne idée ? La réforme entrera en vigueur en septembre prochain…toutes les équipes éducatives la préparent, les journaux en parlent, les reporters télé sont sur le qui-vive… attention, c’est parti ! Avec les enseignants de l’établissement dans lequel je travaille, nous avons eu deux journées pédagogiques pour être fin prêts en septembre 2016 …Réunion, formation, dialogues entre collègues …réflexions intenses pour tenir compte des nouvelles inflexions impulsées par la réforme. Je ne veux pas analyser toute la réforme, mais je voudrais ici me pencher sur les EPI. Enseignements pratiques interdisciplinaires…Ceux-là même dont on nous dit que ça va TOUT changer. QU’est-ce que c’est ? Une proposition de mener à plusieurs collègues de matières différentes des projets communs afin de motiver les élèves. (Entre parenthèse, je viens là de synthétiser 3 h de la dernière réunion pédagogique animé par un enseignant très motivé) Bref…parfois il est pertinent d’expliquer longtemps pour que chacun comprenne. Alors des exemples ? Le décès de Claude François aurait dû servir  à faire passer les principes physiques de  la notion de l'électrocution.  Les éditions Bordas ont abandonné l’idée initiale qui était que le cours aurait dû s’appuyer sur un cas pratique liant la physique-chimie aux SVT (Sciences et vie de la Terre). Devant les réactions vives sur les réseaux sociaux, cette idée a été abandonnée. Alors prenons d’autres exemples : étudier la notion d’agglomérations en rapprochant les cours faits en géographie et ceux de langues avant un voyage à l’étranger par exemple. Ou bien, étudier la notion de mémoires en rapprochant les cours de Français et d’Histoire …Ou bien … en fait tout est possible dès lors que deux ou trois enseignants se mettent d’accord pour étudier une partie de leur programme à partir de la mise en place de ces fameux EPI. Idée révolutionnaire ? J’en doute … Tout d’abord, c’est omettre que les enseignants le font déjà. Parce que trouver du sens, c’est bien ce que l’on cherche dans nos programmes. L’idée d’encourager d’autres enseignants à le faire, se défend …mais a-t-on des moyens concrets pour échanger, pour travailler ensemble ? Non, bien sûr. Ceci doit se rajouter à ce qui se fait déjà. Mais quand on aime, on ne compte pas…c’est bien connu. Idée révolutionnaire ? Cela devrait selon le formateur qui nous a éclairés de ses lumières, améliorer l’investissement des élèves car cela permet de « privilégier la démarche de projets pour aboutir à des réalisations concrètes »…ah bon ! Et selon les textes officiels : les élèves vont travailler sur des sujets proches et voir « converger les savoirs disciplinaires pour mieux appréhender leur utilité et la façon dont on peut les convoquer pour comprendre des situations de la vie quotidienne ou comprendre les enjeux sociétaux ». Mais si la façon d’enseigner est la même, cela va –t-il les passionner ? Etudier les villes du monde …en géographie et en langues…. va-t-il rendre plus digestes la notion de CBD ? de suburbs ? de périurbanisation ?? Je ne crois pas. Ce n’est pas le contenu qui compte mais bien la manière dont on le fait passer. Et là ? Quelle directive ? « Accroître l'autonomie des équipes éducatives pour s'appuyer sur leur expertise. » C’est pertinent, certes. Mais  là où je suis plus dubitative, c’est que lors de nos journées pédagogiques, je n’ai  absolument rien entendu sur ce sujet. Les huit formes d’intelligence ? La pédagogie par le jeu ? La nécessité de créer une pédagogie positive ? Je ne l’ai pas entendu évoquer, ne serait-ce qu’une seconde. Alors, réformer s’impose, sur ce point aucun doute. Et il est de même absurde de vouloir déjà juger de l’efficacité de la réforme. MAIS… je ne peux que tristement regretter que les orientations ne prennent pas en compte certains besoins essentiels : le nombre  d’élèves par classe, le rythme imposé aux enfants, la formation des enseignants à des pédagogies plus novatrices …etc. Wait and see.     Et d’ici là, restons motivés afin de stimuler intelligemment nos élèves.

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Billet n°6

Billet n°6

La fin des illusions L’envie me vient aujourd’hui d’écrire un billet sur les jeunes adultes à haut potentiel .En échangeant avec eux, je mesure combien, pour certains d’entre eux, la route vers la sérénité semble encore longue. Lorsqu’ ils sont encore au collège, et pour les aider à tenir, certains psychologues les encouragent en disant « Patiente encore, le lycée n’est pas loin, cela va devenir plus facile pour toi » Et ils ont en partie raison. Au lycée, les attentes sont plus fines, la stimulation intellectuelle plus réelle et l’enfant HP s’y ennuie moins. Les autres élèves sont aussi moins virulents face à la différence et le HP peut se sentir enfin accepter par ses pairs. Mais …l’ennuie peut encore être là. Malheureusement… et le changement récent de programme l’encourage. Dans la matière que j’enseigne (l’histoire-géographie) le nouveau programme rend plus difficile la possibilité de liens, de passerelles d’un thème à l’autre …alors le cours est plus linéaire et il faut apprendre…parfois par cœur …et cela, le HP n’aime pas. Mais bref, ceci est un autre sujet. J’en reviens à l’élève HP qui croyait atteindre le Saint Graal et qui déchante au lycée ; mais il tient le coup. Vaille que vaille…pour peu qu’on lui indique une orientation post-bac qui le stimule, il tient et réussit. Commence alors les études post –bac. Et beaucoup d’élèves que je connais veulent aller en faculté de médecine. Dans le lycée où j’enseigne, il peut y avoir 10 élèves par classe de terminales S qui souhaitent y aller. Pas forcément tous à haut potentiel mais leur nombre est très conséquent. Ceux qui y sont allés et avec qui j’ai échangé, me parlent certes de la quantité de travail, et ce n’est pas ce qui les effraie, mais aussi d’un aspect purement « bourrage de crâne » avec des listes de termes à mémoriser. Première désillusion, ce n’est pas passionnant mais indispensable. Alors les étudiants s’y soumettent. S’il faut en passer par là pour devenir médecin ou chirurgien, pour soigner et pour atteindre les objectifs, ils l’acceptent. Puis ils avancent dans leur cursus et découvrent le monde hospitalier. Et là, c’est le choc. Découverte d’un monde où les relations entre étudiants et personnels soignants ne sont pas toujours chaleureuses et amicales. Découverte de la réalité de la souffrance au quotidien. Découverte d’une gestion à l’économie et des conséquences de la restriction budgétaire. Deuxième désillusion et certains arrêtent là. Ce cortège de désillusions conduit alors à une sévère remise en question. L’idéalisation du projet professionnel est sérieusement mise à mal. La confiance en soi et en ses capacités aussi. Il faut alors trouver une autre orientation qui nourrisse à la fois le besoin d’idéal, la soif d’absolu et qui soit suffisamment stimulante intellectuellement pour que l’étudiant HP ne décroche pas. Parce que s’il y a décrochage scolaire lorsqu’un redoublement est proposé à un HP ou lorsque l’enseignement prodigué est trop facile, qu’il soit en CP ou en BTS le résultat est le même. C’est le cercle vicieux de l'échec : manque d’intérêt donc ni travail ni motivation, donc pas de bons résultats et dégoût de l’école. Il convient alors de vraiment se poser les bonnes questions avant de s’engager dans ses études post-bac. Certes, la réorientation fait partie du processus et cela aide à dédramatiser le cursus choisi. Mais attention pour les étudiants HP qui, ont encore plus que les autres, besoin de ne pas être déçus. L’école, puis le collège puis le lycée…cela est déjà long. Très long. Si lorsqu’ils pensent être arrivés à enfin étudier dans leur domaine de prédilection, ils ont de trop fortes désillusions alors ils craquent. Courage à eux et courage aux parents qui les accompagnent.   Confiance aussi en leurs capacités à rebondir !

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Billet n° 5

Billet n° 5

Une attitude bienveillante Dans le cadre des ateliers méthodologiques que nous animons, nous demandons aux élèves à haut potentiel présents d’exprimer ce qui les gêne le plus à l’école. Ce qu’il y a de frappant, c’est finalement leur recherche de conformisme. Ils ne remettent pas tant en cause que cela le système... ; certains vont bien espérer qu’il y ait des salles de jeux vidéo, d’autres aimeraient qu’il y ait comme une bibliothèque du savoir dans tous les domaines où ils pourraient puiser leurs connaissances à l’envi. Mais globalement ce qu’ils veulent, c’est peu de changement ! Certains ont même du mal à envisager que les punitions disparaissent. Même quand on leur fait remarquer qu’il pourrait être plus efficace de punir peut –être « autrement » qu’en faisant faire des travaux inutiles, ils s’insurgent … « Mais ce serait l’anarchie alors … ! » Bref, ce qu’ils veulent, c’est de l’ordre, du savoir et … et de la bienveillance ! L’élément qui ressort de tous les questionnements est celui-là : ils souhaitent avoir des  professeurs qui jettent sur eux un regard bienveillant. Pas celui de bêtes curieuses, pas celui appuyé d’enfants à qui on devrait dérouler le tapis rouge, pas celui indifférent de l’élève qui doit fonctionner comme les autres…mais un regard empathique et généreux. Un exemple de manque de conscience de l’enseignant : lorsque le prof rend les copies en commentant leur contenu à l’oral. Les élèves HP sont unanimes, c’est INSUPPORTABLE ! « C’est la honte ! De toutes façons, ça ne sert à rien et puis c’est humiliant ». Avis chers professeurs peut être pouvez-vous  supprimer cette pratique si elle persiste dans vos classes. Un autre point qui les rassemble, les contrôles surprises. « C’est  horrible, j’ai peur dès que je vais en cours car la prof parfois met des interrogations sans nous avoir prévenu » Mais une évaluation doit –elle évaluer le travail effectué ou le degré de surprise provoquée ?  La réponse semble couler d’elle-même et pourtant certains aiment à vérifier que l’on peut créer dans un groupe un effet inattendu... ; persuadés qu’ils sont peut-être de vérifier ainsi le travail fait. Ils ne mesurent cependant pas l’investissement  (car un élève même travailleur peut avoir des moments sans !) mais le niveau de surprise. Mais il y a d’autres moyens de provoquer la surprise de ses élèves.. et des moyens plus pertinents. En effet, une autre attente des élèves HP est d’avoir des cours moins ennuyeux. Et là, j’en reviens à mon investissement gagnant-gagnant. Si l’élève s’ennuie, c’est parfois parce qu’il ne cherche pas à s’intéresser certes, mais aussi parfois parce que le cours ronronne de manière trop répétitive. L’enseignant d’ailleurs lui aussi s’ennuie parfois. D’où des méthodes pédagogiques pour stimuler les huit formes d’intelligence ou pour diversifier les méthodes d’apprentissage. Il y a alors une synergie constructive : le prof revoit ses méthodes en diversifiant ses outils pédagogiques et l’élève renoue avec le plaisir d’apprendre.   Utopie ? Non, plaisir d’être ensemble et bienveillance.

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Billet n°4

Billet n°4

Les intelligences multiples Le fait d’être qualifié à haut potentiel suppose que des tests aient validé un QI supérieur à 130. C’est clair et simple comme approche. Peut-être justement un peu trop clair et un peu trop simple. Pourquoi ? …Parce que l’intelligence ne peut se réduire à un chiffre. Même si le test évalue bon nombre de qualités, les différents items qui y sont examinés ne prennent pas en compte TOUTES les formes d’intelligence. Loin de moi l’idée de mettre ces tests à la poubelle (même si je souhaiterais vivement qu’ils soient revus, réadaptés mais c’est un autre problème…), mais il faut absolument nuancer les résultats obtenus par une observation du comportement, de l’attitude de la personne testée. Comment se comporte-t-il avec les autres ? Comment gère-t-il ses émotions ? Comment s’y prend-il face aux difficultés ? Un échange avec les parents, avec l’enfant est indispensable pour clarifier tout cela. …Parce que l’intelligence est multiforme. Howard Gardner, professeur en sciences de l ́éducation à Harvard, a montré que nous avons tous, toutes les formes d’intelligence (Verbale/linguistique – kinesthésique – musicale – intrapersonnelle – interpersonnelle – logico/mathématique – visuelle/spatiale – naturaliste – existentielle). Cela a le mérite d’ouvrir l’approche de l’intelligence à une approche non chiffrée et plus large que le seul aspect « intellectuel ». La personne à haut potentiel, comme celle qui ne l’est pas, A ces différentes formes d’intelligence. Si elle est « douée », alors celles-ci seront plus fortement développées. Les aspects, que le système éducatif français évalue, sont surtout la forme logico/mathématique et verbale/linguistique. Mais point de valorisation de l’élève qui a une intelligence interpersonnelle forte et qui sait être le médiateur qui apaise un groupe classe (surtout si sa réserve l’a privé d’être élu délégué de classe). Point de hausse d’estime de soi, si l’élève ayant une très forte intelligence kinesthésique se trouve plutôt éteint dans une filière où la manipulation concrète est rare. Proposez une pédagogie qui s’appuie sur les intelligences multiples permet de remédier à ces problèmes et de valoriser tous les talents. …Parce que l’intelligence évolue en fonction du degré de confiance en soi. L’élève inhibé, l’enfant qui a peur de montrer son vrai visage, ne va pas « donner à voir » ses talents. Telle élève de terminale me disait encore ce matin combien son professeur de mathématiques ne l’encourageait que peu (même pas du tout). Cette façon de traiter les élèves, de les  dévaloriser, développe en eux un réel manque de confiance. Dès lors, leurs capacités ne peuvent se laisser voir, ne peuvent s’épanouir. Renouer avec le cercle vertueux de l’encouragement peut aider à corriger cela. Alors si le haut potentiel est un ensemble de qualités, certaines quantifiables et d’autres non, n’oublions pas de développer toutes les formes d’intelligence des enfants. Non pas pour en faire des singes savants mais bien pour les aider à s’épanouir.   Nous proposons des ateliers (tout niveau) afin de transmettre des outils pédagogiques qui s’appuient sur les différentes formes d’intelligence.

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Billet n°3

Billet n°3

Haut potentiel, handicap invisible ? Hier, il m’ a été donné d’entendre une plaidoirie faite par un élève à haut potentiel, Justignin , plaidant pour que la précocité soit mieux prise en compte par les enseignants, plaidant aussi pour que le haut potentiel soit reconnu « en tant que handicap invisible au même titre que les dys ». « Handicap invisible. » Le système scolaire français amène donc que ce qui devrait être encouragé comme une chance, un atout, une richesse se transforme dans sa perception par certains élèves concernés eux-mêmes en « handicap invisible ». Le ressenti de ce jeune de terminale me fait froid dans le dos. Ecoutant les conseils donnés, il a eu une démarche très scientifique. (Et je l’en félicite !)  Il est allé regarder sur les sites de l’Education nationale et a constaté que le haut potentiel y est à peine abordé. En effet, il n’y a pas encore dans le cursus de formation une prise en compte claire et concrète des élèves à besoins spécifiques. Il est allé aussi sur des forums spécialisés et a constaté qu’un bon  nombre d’enseignants demandait  concrètement des conseils pour savoir comment s’y prendre avec leurs élèves HP. Conseils parfois renseignés par les parents eux-mêmes : mon élève de constater alors le paradoxe, … les parents « apprennent aux professeurs à apprendre ». Je rajouterai que s’il était allé du côté des formations en psychologie, il aurait pu faire le même triste constat. Rien de spécifique, un module de quelques heures sur la précocité. L’idée reçue que si un enfant est précoce, il peut réussir très bien et qu’il n’y a donc rien de particulier à faire pour lui, est tenace. Certains enseignants en sont encore même à l’étape colère. L’enfant à haut potentiel  les dérange tellement, les  bousculent tant dans leurs schémas de pensée qu’ils retournent leur sentiment d’échec contre l’élève et le stigmatisent. Telle Maman m’expliquait que l’enseignante de sa fille  avait très mal réagi depuis qu’elle avait connu son haut potentiel. Après être passée par une phase de provocation (l’enseignante provoquant l’élève, attention à ne pas se tromper de sens !!), ce professeur avait choisi désormais de l’ignorer. L’élève levant la main, la prof ne l’interroge jamais … par exemple…Bref… le malaise de l’enseignante démunie devant ce zèbre qui fonctionne autrement, se transformant en enfer pour elle-même et en situation très douloureuse pour l’élève. C’est pourquoi mon élève demande à juste titre dans sa plaidoirie que les enseignants soient mieux formés et informés sur la précocité. Si seulement il pouvait être entendu. C’est pourquoi j’ai eu envie de le mêler à mon billet d’humeur ce matin et de partager sa réflexion à la mienne. Nous constatons que les outils que nous avons mis au point dans le cadre d’A2préccoe et qui fonctionnent avec les élèves à besoins spécifiques, avec les autres, avec …tous en fait puisqu’ils prennent en compte les différentes formes d’intelligence, ces outils donc, et bien nous avons du mal à les diffuser. Peut-être nous y prenons nous mal pour communiquer … Alors, avis aux intéressés : Catherine Gié et moi-même proposons des formations pour les enseignants (collège et lycée surtout). Nous allons à Paris vendredi prochain pour cela. (Il y a encore des places). Nous avons écrit un livre qui regroupe plusieurs moyens… « Elève précoce : agir et apprendre autrement »Chronique Sociale. Nous aidons les jeunes à haut potentiel, mais si nous pouvions être plus actives à la source ; c’est-à-dire vers les enseignants, nous en serions tellement heureuses !   Merci Justignin pour ta plaidoirie d’hier, même « timide », j’espère avoir entendu ta voix.

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Billet n°2

Billet n°2

Les élèves à « besoin spécifiques »…nos meilleurs alliés. L’école est un lieu de socialisation et d’apprentissage. Jusqu’ici rien de spectaculaire. Bon nombre d’enfants acceptent  de venir à l’école et y sont même heureux. Ils aiment apprendre en groupe, ils aiment découvrir au rythme insufflé par l’enseignant. Ils acceptent les contraintes de travail et trouvent du plaisir dans ce qu’ils font. Tant mieux, l’école a été pensée pour cela. Ce type d’élèves réussit, ou pas d’ailleurs, mais pas de problèmes pour eux car  ils ne sont pas en souffrance. Puis un autre groupe émerge. Ce sont ceux qui sont en rébellion. Ils sont à besoins spécifiques comme aime à le dire l’Education Nationale. Ce sont les dys ….  dysorthographique, dyscalculique, dyspraxique … Ce sont les enfants à haut potentiel. Ce sont les enfants qui souffrent d’un déficit d’attention (TDAH). Ce sont tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule. Ces enfants-là manifestent par leur comportement leur inadaptation au milieu scolaire. Ils peuvent être des trublions en cours, tellement agités que l’on ne sait comment les gérer. Ils peuvent au contraire être complètement éteints tant l’environnement scolaire ne leur permet pas de laisser s’épanouir qui ils sont vraiment. Ils peuvent refuser d’aller à l’école tant leurs besoins « spécifiques » n’y sont pas nourris. Les réactions de ces élèves sont multiples et certaines sont tellement discrètes que cela ne se soit pas, ils ne font pas tous des vagues… Les enfants à haut potentiel sont là nos meilleurs alliés. Je m’explique. Contrairement au déficit d’attention ou au dys.,  le haut potentiel n’est pas perçu (et tant mieux !) comme un handicap. Je veux dire que la douance est envisagée comme un atout  par ceux qui ne la connaissent que de l’extérieur. « Il est doué, il doit être le premier de la classe ! » Il est évident que c’est faux dans bon nombre de cas, mais laissons pour une fois les néophytes le rester. Pour ceux qui connaissent la précocité,  il parait plus juste de penser qu’elle est bien un atout … mais qu’il faut la laisser s’épanouir pour qu’elle le soit vraiment, la guider, l’accompagner. Bref, rappelons si c’est utile que 50 % des enfants à haut potentiel n’arrivent pas au baccalauréat. Ainsi, la précocité étant rarement perçue comme un handicap, il y a souvent face aux enfants à haut potentiel qui ne réussissent pas, des réactions négatives de la part des enseignants. (Réactions non exprimées face à ceux qui sont perçus comme « handicapés »). Ce sont à ces enfants qu’il est demandé de s’adapter, ce sont eux qui doivent plier devant le système. Ce sont eux qui doivent nier leur fonctionnement pour se conformer à ce que l’école attend d’eux. Je vous invite à changer de point de vue. Ainsi, les élèves à haut potentiel que vous avez dans vos classes, chers collègues, ne sont ni plus ni moins que des indicateurs, des veilleurs …ou j’ose l’image du suricate, ces « sentinelles du désert »! C’est-à-dire ce petit animal, le Timon du roi Lion, qui est sans cesse en alerte, pour prévenir les autres membres du groupe d’un éventuel danger. Eh bien, en cours, les élèves à haut potentiel devraient guider chaque enseignant à revoir sa façon de travailler. Si vous avez repéré dans chacune de vos classes, vos petites sentinelles, surveillez leur attitude. Dès que vous percevez quelque chose de moins « gais » dans leurs yeux alors alerte rouge ! Changer de rythme, utiliser l’humour. Evoquez quelque chose d’original…bref, utilisez ce qu’ils vous renvoient, parfois bien malgré eux pour bouger les lignes. L’idéal étant d’avoir anticiper cela avec des méthodes pédagogiques innovantes. Mais surtout, cessez de voir en eux des élèves « pénibles », « lourds à gérer » etc… et tous les propos négatifs qui sont parfois émis. Voyez au contraire, l’opportunité qu’ils offrent de changer vos méthodes. Tous y trouveront leur compte. Les enseignants, et tous les autres enfants.   Et vous chers élèves HP, savourez d’être, grâce à votre refus de la conformité, ces magnifiques sentinelles.

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Billet n°1

Billet n°1

L’école …lieu de souffrance Mon métier d’enseignante me place au contact direct des deux partenaires clefs de l’école, à savoir les enseignants d’un part et les élèves d’autre part. Mon constat ? Tout le monde souffre. J’entends des collègues exprimer leurs difficultés à transmettre avec intelligence ce que le programme leur impose de faire. Un collègue de mathématiques me disait combien il était mal de ne pouvoir aider les élèves qui ne comprennent pas sa matière. Les classes, dans leur constitution, le programme qui lui est demandé de transmettre et le rythme qui en découle, bloque la possibilité qu’il aurait de faire passer efficacement son savoir. Il concluait que soit l’élève comprend, et c’est tant mieux, soit il ne comprend pas ou plus et dès lors, c’est irrattrapable. Un autre collègue me faisait remarquer combien le nouveau programme d’histoire géographie empêchait de proposer aux élèves des sujets qui invitent à réflexion. Désormais les terminales rédigent des pages et des pages qui sont pour beaucoup une simple récitation. Une autre collègue exprimait ses difficultés à trouver du temps pour accompagner efficacement des élèves qui ne savent comment apprendre. Du côté des élèves, les enfants à haut potentiel disent qu’ils s’ennuient. D’autres sont tellement en souffrance qu’ils ne peuvent plus venir à l’école. La phobie scolaire …quand même !! Une mise sous nos yeux de ce que l’école est un lieu de souffrance pour les enfants. Et puis il n’y a qu’à regarder leurs visages…Ils sont tristes, abattus …peu de sourires. D’autres réagissent par de la violence, ils se butent, ils dérapent…mais c’est une autre façon d’exprimer que ce qu’ils vivent, ne leur convient pas. Lieu de souffrance. Alors je parle de l’école parce que je connais, j’y travaille, je la vis de l’intérieur. Mais ce constat pourrait certainement être étendu à d’autres lieux. Mais comme je suis un esprit pratique, le constat posé, je me dis, que faire ? Continuer ainsi, développer du ressentiment, de la colère ? Comptabiliser les nouveaux burnout ?  Laisser faire une énième réforme ? Attendre que la retraite arrive pour les profs ? Attendre les vacances ? La fin du calvaire pour tout le monde ? Constater ce problème me déchire le cœur parce que je vois par ailleurs des deux côtés des personnes de bonne volonté. Je vois des enseignants qui veulent aider, transmettre, partager leurs connaissances. Je vois des élèves qui ont envie d’apprendre, qui travaillent mais qui ne sont pas épanouis. Et la rencontre ne se fait pas. J’ai envie déjà que cette prise de conscience s’étende afin de permettre de passer à une éventuelle solution. Il est impératif que les acteurs de l’école soient conscients, que les profs réalisent combien les élèves en face d’eux sont mal et que les élèves réalisent combien les enseignants le sont aussi. Cela n’amène pas à tout accepter sans rien dire. Il y a des profs qui sont imbuvables à écouter tant ils sont ennuyeux et il y a des élèves qu’on passerait par la fenêtre tant ils sont arrogants.   Il y a, je n’en doute pas,  possibilité de dépasser ce triste constat pour en faire quelque chose de bien, de nouveau. Sans attendre que la solution tombe de je-ne-sais quel ministère ou de telle opération magique.

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